Débords de mère

08 septembre 2016

Et encore une rentrée !

 

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Et voilà.

Voilà, c’est fait. Ils sont rentrés, tous les trois dans leur nouvelle école, tous les trois seuls dans un océan de nouvelles têtes, tous les trois -ou presque- contents et curieux et fiers d’y être enfin, de découvrir, de partir à la conquête de nouveaux amis, de nouveaux savoir, d’un nouvel univers, à la conquête du monde, en quelque sorte.

On a appelé leur nom, ils sont entrés dans leur groupe et je les ai regardés entrer, avec leurs coups de soleil, dans des bâtiments qu’ils connaîtront bientôt par coeur.

Je ne suis pas restée prendre un café avec les parents d’élèves, d’abord parce que je n’aime pas le café, et puis parce que j’aurais eu du mal à parler avec ma boule coincée dans la gorge. Je suis allée me cacher dans ma voiture pour pleurer enfin tranquillement. Mes traditionnels pleurs de rentrée. Ben oui, j’ai des principes… Oh, pas longtemps, juste assez pour évacuer les angoisse que j’avais gardées pour ne pas leur refiler ! 

J’en ai profité pour pleurer sur les vacances, tellement belles cette année, et qu’on a pu faire durer jusqu’à la veille de la rentrée sur une plage paradisiaque comme seules peuvent l’être les plages finistériennes au soleil. Cette pensée m’a consolée d’elle-même, car je me suis dit que septembre pouvait offrir encore de belles soirées, encore des pique-niques sur la plage et encore des baignades en sortant de l’école, encore du sel sur la peau qu’on garderait jusqu’au lendemain, encore du sable sur les pieds qu’on apporterait dans son lit, pour s’endormir en pensant que les vacances, on est presque encore dedans…

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02 mai 2016

Jusqu'ici tout va bien

 

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C'est la première fois.

J'avais pourtant gardé cette habitude d'enfance de faire le décompte, environ 11 mois avant, environ chaque année, c'est dire si j'ai passé ma vie à compter. A partir du 3 avril, l'excitation devenait insupportable (pour les autres surtout), et le 1er mai a toujours symbolisé pour moi "plus que 2 dodos".

Devenue adulte, j'ai continué à trépigner, du coup je me suis mise à organiser de grosses fiestas, ça m'occuppait en attendant le jour J, et puis c'était un bon prétexte pour le proclamer au plus grand nombre...

Je n'avais pas particulièrement hâte d'avoir des cadeaux (même si ça me fait plaisir, attention !), pas plus que je ne fus émerveillée par l'idée de grandir ou de passer un cap, je ne crois pas... Même enfant, ce qui me plaisait, c'était d'avoir MON jour. 365 jours par an, et le 3 mai m'était exclusivement associé. Le monde entier se devait d'être au courant.

Mais là, rien. A la maison, je l'ai un peu rappelé, quand même, pour le principe, et puis parce qu'on ne balaie pas d'un revers de main négligé des années d'habitude (et sans doute que j'avais quand même un peu peur qu'on m'oublie vraiment totalement, d'accord).

N'empêche, je n'ai pas vraiment envie de fêter mon anniversaire, et c'est la première fois.

Sûrement parce que j'ai 36 ans, et que 36, c'est plus près de 40 que de 30, or à 30 ans on est les maîtres du monde, à 40 ans on commence plutôt à s'approcher de la race des vieux cons. Je n'ai pourtant jamais compris mes amis de 40 ans qui pleuraient sur leur âge, je leur disais que tout ça, c'est dans la tête, qu'un anniversaire ça se fête quel que soit le chiffre... Oui mais là c'est moi, alors ça va, la ferme, vous ne pouvez pas comprendre.

A 36 ans, Jésus était déjà mort (et même ressucité. Sa carrière était derrière lui.)

A 36 ans, Macron était nommé ministre de l'économie.

A 36 ans, Vanessa Paradis chantait depuis 23 ans.

A 36 ans, les footballers fêtent leur retraite (et leur Rolex).

A 36 ans, Marguerite Duras en était à son 3ème roman.

En fait, il me semble que j'arrive au moment de ma vie où, si je ne fais pas gaffe, tout risque de se figer : enfant, chaque année est différente, on se transforme, on change de classe, le mouvement est perpétuel... Jeune adulte c'est pareil, les amis, les amours, tout évolue en permanence... Au début de la vie active aussi, tout est incertain, et puis on se maque, on achète une maison pourquoi pas, on fait des enfants, dont les premières années ne laissent pas une seconde de répit...

J'ai tellement peur que ce mouvement s'arrête ! Et si le prochain évènement important dans ma vie, c'était ma retraite ? Smiley qui se tire une bastos... Mais moi j'ai envie de continuer à tourner (tous les deux enlacés) !

Peut-être que pour mon anniv, je vais demander un manège.

 

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05 avril 2016

Juste une cassette...

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Dans le cadre de mon travail, j'ai participé à un salon. Une grosse foire expo, à Morlaix. Pour m'y rendre, il faut traverser les Monts d'Arrée... C'est magnifique, une tuerie au petit matin, la brume sur les monts désertique, la petite chapelle, le Menez Hom... Magique !

Mais la route est longue, en camion bruyant. Un gros camion d'artisans, sans Bluetooth, sans même un lecteur CD…

Heureusement, j'ai trouvé une cassette. Une cassette audio, vous vous souvenez ? Le rectangle avec la bande marron qu'on rembobine au crayon de bois ? Rembobiner, vous vous souvenez ?

Bref. J'ai trouvé la cassette dans un carton qui n'avait pas vu le jour depuis trois ou quatre déménagements, et j'ai pioché celle avec écrit Aline. Rapport au fait qu'Aline, c'est moi, je me suis dit qu'elle me plairait sans doute.

C'est peut-être un détail pour vous (mais pour moi ça veut dire beaucoup), toutefois il faut savoir que le A de Aline avait les branches qui dépassait, et il était cerclé. Voilà, c'est ça, juste comme comme dans "Anarchiste". Ce qui m'a permis, soit dit en passant, d'estimer l'âge de cette cassette à environ 15 ans. Ne dites rien, oui, oui, je sais, aujourd'hui le A de Aline signifierait plutôt "Ah la grosse bourgeoise", mais ce n'est pas la question, merci.

J'ai ouvert une kro pour le clébard (ah non, en fait), enclenché l'auto-radio, et poussé le volume à fond.

Très vite, les paroles me sont revenues, et avec elles les ambiances, et même les pensées, et j'ai chanté : "à cause d'un coup d'épée dans l'eau c'était le / coup d'épaule et l'homme est tombé mais le salaud / c'était pas le zéphyr ni la lune/ c'était le borgne gros con joufflu", avec Zebda rendant hommage en 1998 à Brahim, noyé par des manifestants FN...

Je me suis rappelé tellement de moments, et quelques pétards avec Pierpojak racontant "l'histoire d'un bâtard qui fait de la lèche pour Le Pen / qui s'engage dans les keufs pour officialiser sa haine // heureusement dans la famille il y a une cousine qui fume des spliffs et danse le raggamuffin" ou encore "10 millions de glandeurs ça vous fait peur ? / chômage à tous les étages, y en aura pour tous les âges dédicace pour 10 millions de glandeurs !"

Pas besoin de creuser, je connaissais tout par coeur ! J'ai beuglé dans ma taule : "2000 ans et un jour / on fait le bilan il est lourd / on jette les flingues, et le fric n'a plus cours" avec Michel Fugain et Blankass...

J'ai réfléchi, un peu, à mes convictions, leur force (ou pas), les raisons du départ d'un certain nombre d'entre elles, et si cela me satisfaisait, si j'en avais trouvé de plus proches de ce que j'étais aujourd'hui... J'ai réfléchi à l'importance de se rester fidèle, à ce que signifie cette fidélité, si elle permet l'évolution. Je me suis posé la question de ce qui nous définit vraiment, nos idéaux ? Nos actes ? Autre chose de plus profond ? (Oui, quand je suis toute seule dans mon camtar au coeur des Monts d'Arrée, je me prends pour Malraux.)

Heureusement, les putain de Phacos (enfin je crois) m'ont tirée et de mes réflexions, et ça a fait peur au chien (ah non, c'est vrai) : "phaco phaco phacochère, fuck fuck fuck dans les waters, on brûlera tous en enfer, par ce qu'on est des phacochères, on cramera tous père et mère, parce qu'on est des phacochères !" 

En écoutant cette cassette avec son gros son dégueulasse, dans mon camtar avec mon clebs (...), j'ai pris 15 ans dans ma face. Et c'était bon, putain.

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19 mars 2016

SALON DU LIVRE

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Cette année, je suis invitée.

Invitée et terriblement flattée de l'être, ce n'est que mon premier roman, après tout... Je n'ai même pas d'éditeur, et je crois que c'est la première fois qu'un auteur auto-publié est invité par les organisateurs du Salon du Livre !

Je vais rencontrer des écrivains, de vrais, des qui gagnent leur vie grâce à leurs textes. Je vais faire croire aux visiteurs que je fais partie de cet étrange univers, un peu impressionnant, un peu inaccessible... Je serai de l'autre côté de la table.

Je vais dédicacer mes livres, essayer de trouver un mot personnalisé pour chacun, ils penseront que c'est facile, pour moi, puisque je suis écrivain. 

Demain, dès l'aube, à l'heure ou blanchit la campagne, je chargerai une ou deux caisses de livres dans le coffre de ma voiture, et irai passer la journée au Salon du Livre de Plomelin, Finistère.

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17 janvier 2016

PARDON FLORENCE FORESTI

 

Florence Foresti, c'est un peu mon idole.

Je dis ça, elle ne m'a même pas payée, hein. Même pas un petit dvd ou une place de spectacle, rien (youhou, Florence, tu m'entends ?!!)

Seulement, elle incarne parfaitement les femmes que j'aime, où celle que j'aimerais être, sans doute : drôle, évidemment (bon, vous me direz c'est son métier), dotée d'une aura de maboule, intelligente, féministe sans en avoir l'air... Et surtout, surtout : elle fut l'une des premières à prendre le contrepied du mythe de la maternité pleinement épanouissante. Enfin, l'une des premières, non, si on creuse un peu on trouvera bon nombre de penseuses, mais plutôt une des premières au moment ou je devenais mère moi-même et surtout fort bien médiatisée

Quoi qu'il en soit, le mythe, elle lui en a mis plein la gueule. Le drame de la grossesse ? Ne pas pouvoir fumer ni picoler pendant neuf mois. L'accouchement ? Une boucherie. L'allaitement ? Une galère. Le parc ? Une prison...

Et nous, les mères nouvelle génération, on a enfin trouvé une alternative aux forums de mamans qui disent "gygy" pour gynécologue, et dont "les petits loulous" donnent enfin du sens à l'existence, en échangeant des recettes de gâteaux d'anniversaire Barbie (c'est incroyable les gâteaux-Barbie !). On a pu déculpabiliser de ne pas savoir cuisiner, de ne pas aimer jouer aux Lego, et de les coller devant la télé les lendemains de fête. 

Oui mais voilà.

Je ne sais pas ce qui m'arrive, et pour être honnête, je m'en veux un peu... Depuis quelque temps, je me surprends à quitter mon boulot à 16h30 pour aller chercher mes enfants à l'école. Alors que je pourrais bosser encore un peu pour éviter le créneau maudit de 17h-20h avec le goûter, les devoirs, les bains... Et peut-être même, le pire, un peu de temps pour jouer avec eux !

Non, j'y vais. Le plus souvent je suis à l'heure, et ça me fait même plaisir. Et pour aller au bout de mes aveux, ça fait deux week-ends d'affilée qu'on n'a rien, pas un dîner, pas une teuf, pas la moindre sortie entre amis, et... (oh, non, merde, je ne peux pas dire ça en public, quand même ?!) et secrètement, je m'en réjouis ! Je suis CONTENTE de rester à la maison, en famille, et de ne pas me la coller parce que... parce que le lendemain, je suis en forme pour faire une balade, une visite ou préparer un gâteau AVEC EUX !! (mais pas Barbie, du moins pas encore...)

Putain de bordel de merde... Avais-je vraiment besoin de ÇA pour prouver que je les aime follement ? N'importe quoi, c'est ridicule !... L'autre jour, j'ai même dit à ma soeur, tout naturellement "Tu comprends, je me rends compte que le temps passe tellement vite, c'est MAINTENANT qu'il faut en profiter !". Je l'ai sentie sceptique, je me demande si je n'ai pas utilisé ce ton un poil condescendant des mères-parfaites qui ont compris un truc (strictement imbitable pour les mères indignes).

Avant de raccrocher, je lui ai dit : "Allez, je te laisse, j'ai rendez-vous chez le gygy. Ensuite, je file chercher mes p'tits loulous !"

Pardon, Florence. Tu crois que je suis récupérable ?

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07 janvier 2016

DANS TES RÊVES

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Quand j'étais petite, je voulais devenir fleuriste, ou écrivain.

Fleuriste, pour que ça sente bon dans mon magasin, et écrivain, parce que j'avais sans doute compris que ça permettait de crier très fort sans faire de bruit. Ensuite j'ai grandi (un peu), et ça m'a semblé beaucoup trop difficile d'apprendre tous ces noms de fleurs compliqués... 

Du coup j'étais large, parce qu'écrivain jeune, ça fait pas crédible. Ça me laissait le temps de profiter un peu... Après j'ai grandi (encore), et il a fallu choisir une orientation : comme il n'y avait pas de fac d'écrivain, j'ai pensé au journalisme, un bon pied à l'étrier, et puis comme les concours correspondaient à une histoire d'amour ratée, je me suis plantée (on a parfois, à 20 ans, des priorités curieuses). 

Et puis je me suis dit que ma vie perso serait forcément beaucoup plus intéressante que ma vie pro, lâche façon de tirer un trait sur mes ambitions. En réalité, je ne savais plus trop ce que je voulais. Parce qu'écrivain, faut pas rêver, m'avait-on dit. Alors je me suis plutôt concentrée sur mes enfants... et croyez-moi, ils sont exceptionnels, les construire est un travail que je fournis à titre gratuit pour le bien de la société de demain. (De rien, ça me fait plaisir.)

Mais il faut croire que ça a continué à me titiller, puisque ce fut long, trèèèèès long, mais j'ai fini par sortir un roman. BAM !

Un facile à lire, où l'on rit et pleure, où il est question de tirer des traits sur ses ambitions et puis de se retrouver...

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Du coup, je ne suis pas sûre que ça suffise pour dire que je suis écrivain, parce qu'à 8 ans, je m'imaginais plutôt en une sorte de superstar de la vie intellectuelle, limousine et tournée des cocktails inclus, et en fait je trie toujours le linge sale avant de le mettre à laver. Et parce que j'ai un autre métier, un vrai, et un passionnant en plus, qui me permet de faire mes courses. (Je suis Kidiklikeuse.)

N'empêche, l'autre jour, j'ai eu une lectrice au téléphone , dont la voix vacillante trahissait l'émotion : "Han ! Je n'en reviens pas de parler à un écrivain en vrai ! Ça me fait tout drôle..."

Je ne suis pas sûre qu'elle ait soupconné à quel point c'est à moi que ça faisait tout drôle. 

 

Le roman en question est ici sur Amazon, mais aussi à la Fnac, et à Quimper chez Ravy et au Leclerc Culturel. Parlez-en, encore et encore ! Merci...

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17 novembre 2015

Photo Benjamin FilarskiArrête, maintenant.

Arrête de rafraîchir tes fils d'actus sur facebook et twitter, arrête de vérifier sur les sites des quotidiens s'il y a du nouveau, d'allumer France Info au cas où... Tu attends quoi ? Qu'on t'annonce que ça y est, après quelques frappes aériennes, tous les méchants sont morts ? Qu'en plus on n'a touché aucun civil et que les syriens nous remercient de les avoir libérés, délivrés, nous les irréprochables occidentaux ? Tu crois qu'après Al Qaeda, on va vite réussir a enterrer Daech, et qu'il ne restera plus rien de cette répugnante secte, que son idéologie ne pourra plus repousser nulle part ? 

Arrête de lire les articles de Courrier International, pour savoir ce qu'en pensent les autres, parce que ça ne fait pas avancer ton boulot qui s'accumule. Pourtant, c'est vrai, ça fait du bien de se sentir épaulé, de se ressentir France...

J'ai l'impression qu'on est un peu la petite soeur énervante de l'occident, un peu artiste, un peu je m'en foutiste... La petite soeur qui fume des clopes en allant draguer le serveur du resto, pendant que ses grands frères discutent sérieusement de l'état de l'économie mondiale. La petite soeur qui agace la fratrie avec ses grands discours sur la liberté, qui dit qu'il faut bien vivre avant de mourir en se resservant un coup de rouge pour finir son fromage... Elle est chiante, la frangine ! C'est toujours le bordel chez elle, quand on dit blanc elle dit noir, sous prétexte d'égalité elle soigne ses malades et instruit ses enfants gratos, et elle trouve ça normal d'accueillir chez elle des gens qui n'ont plus de chez eux. Et cet orgueil démesuré ! Elle se prend pour une reine de beauté, elle donne des leçons d'humanité mais elle n'est pas foutue de payer ses dettes ! En plus, elle n'a aucune morale, elle passerait sa vie à bouffer, boire et baiser, et elle ne croit même pas en Dieu ! On n'en peut plus, de la frangine !!

Pourtant, la frangine hautaine et irréfléchie, bordélique et philosophe, dépensière et légère, s'est pris un vilain coup dans la gueule. Elle est blessée, elle a mal. Alors autour d'elle se retrouvent tous les grands frères, les cousins, et pas un pour lui faire la leçon. Pas un pour lui reprocher de payer ses excès, parce qu'aucun ne croit que cette attaque est méritée. On dirait même qu'ils l'envie un peu, de savoir vivre comme ça. Ils ressentent surtout une grande tristesse, ils sont en colère aussi, et ils veulent la protéger. 

« La France représente tout ce que les fanatiques religieux du monde détestent : profiter de la vie sur Terre de plein de petites manières différentes : une tasse de café parfumé avec un croissant au beurre, de belles femmes en robes courtes qui sourient librement, l’odeur du pain chaud, une bouteille de vin partagée avec des amis, un peu de parfum, des enfants qui jouent au jardin du Luxembourg, le droit de ne pas croire en Dieu, ne pas s’inquiéter des calories, flirter et fumer et profiter du sexe hors mariage, prendre des vacances, lire n’importe quel livre, aller à l’école gratuitement, jouer, rire, se disputer, se moquer des religieux comme des hommes politiques, laisser l’inquiétude sur ce qu’il y a après la vie aux morts. Aucun pays sur Terre ne profite mieux de la vie que les Français. Paris, nous t’aimons, nous pleurons pour toi. Tu es en deuil ce soir, et nous sommes avec toi. Nous savons que tu riras encore, chanteras encore, feras l’amour et guériras, car aimer la vie est ta nature. Les forces des ténèbres reflueront. Elles perdront. Elles perdent toujours. »
Commentaire américain d'un article du New York Times du 14 novembre 2015.

 

 

Moi, ça me touche. Et j'ai bon espoir. 

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04 novembre 2015

C'EST FOU COMME ON OUBLIE !

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Je m'étais juré que jamais, au grand jamais, je ne prononcerai cette phrase. C'est ridicule !

Comment voulez-vous qu'on oublie la fatigue des nuits hachées, le son des pleurs, l'odeur du lait (régurgité) ? Comment oublier la pression des doigts de bébé quand on lui tend l'index, son bruit quand il tète, son premier rire ? La douceur de son crâne, le mouvement de sa fontanelle ?

Impossible d'oublier la fréquence des couches à changer ou le nombre de volumes d'eau pour une mesure de lait en poudre ! On a fait TELLEMENT de biberons ! Et pour avoir vécu avec Laurence Pernoud plusieurs années à la place d'honneur dans la cuisine, je ne pouvais décemment pas oublier le rythme de la diversification des aliments !

Inimaginable d'oublier l'âge des premiers pas, l'âge des premières dents, l'âge des premiers mots ! Pour qui me prend-on ? Une mère indigne ?! Pour l'âge des premières nuits, dix ans après j'attends toujours, mais bon...

Récemment, on a reçu des amis à la maison pour le week-end. On adore, la maison s'y prête, et la campagne est belle en automne. En plus on aime les amis. Ils ont des enfants qui s'entendent bien avec les nôtres, c'est cool, ils jouent ensemble aux lego, à cache-cache... sauf leur petite dernière, évidemment, qui est encore un bébé. Un bébé de 13 mois.

Oui, 13, enfin je crois que c'est ce que sa mère m'a dit... Parce qu'à vue de nez, j'aurais dit entre zéro et deux. Ce qui est juste, mais un tantinet moins précis. Bref. J'avais gardé pour cette mignonne un bol de riz, avec de la viande, il en restait un peu, je me suis dit que ça ferait ça de moins à préparer. Sympa. Sauf qu'elle ne mange pas encore de riz et de viande, ben non, pas déjà, seulement des purées. D'ailleurs, il n'était pas utile non plus de lui garder une place à table avec les grands, ou d'envisager la faire dormir sur un matelas par terre avec eux...

On peut en quelque sorte considérer tout cela comme des oublis, soit, mais d'un enfant à l'autre, aussi, c'est tellement différent !

Et puis, il faut l'avouer : c'est fou comme on oublie !

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27 septembre 2015

COURIR DERRIÈRE MA DIGNITÉ

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Je me suis inscrite à la salle de sport. La salle à laquelle tu SAIS que tu vas aller trois fois en tout et pour tout, même si tu as pris un abonnement d'un an. Parce que tu croies naïvement que si tu paies, ça va t'obliger à y aller… Et puis avec les copines, vous allez vous motiver ! Mais oui, bien sûr.

De toute façon, je ne pouvais plus faire autrement : la dernière fois que j'ai maigri, genre comme il y a 10 ans, après j'ai eu un autre enfant. 

Alors j'ai regrossi. 

Comme dans 10 ans. 

Bref, je me suis inscrite à la salle de sport.

Pour commencer, il faut faire un bilan. Taille, poids, nombre de clopes par soirée, gras du cul… Mes copines m'avaient prévenue de mettre une culotte propre (au cas où d'habitude elle serait dégueulasse) parce qu'on allait se faire mensurer régulièrement pour voir si on ramait bien. Sans rendez-vous chez l'esthéticienne, cas d'urgence donc, je m'étais trouvée dans l'obligation de me raser le maillot. Grosse et blanche, d'accord, mais pas poilue ! 

J'étais en revanche passée chez décathlon, parce que ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas fait de sport, que je ne trouvais plus mon survêtement. J'aurais peut-être dû chercher sous mon oreiller.

Mes copines (vraiment sympas) m'avaient aussi prévenue pour le test à l'effort, histoire d'évaluer mon niveau. Autant dire que je n'en menais pas large, mais je me disais que cette méthode - quelque peu humiliante - aurait forcément le mérite d'être efficace.

Face à l'animateur sportif, une fois dans son petit coin spécial "bilan" ouvert à tous les vents, du moins ouvert sur la salle et tous ses abonnés, j'ai compris dans un éclair de lucidité fulgurant, quoique tardif, que mes copines s'étaient bien foutues de ma gueule (les pouffiasses). Ni effort, ni culotte... Juste une balance. 

Donc merci les filles, maintenant ça pique.

Mais j'étais venue en survêt. J'étais donc dans l'obligation, pour ne pas avoir l'air ridicule, de grimper sur les machines qui me faisaient face. Il a fallu courir et pédaler, mais surtout faire semblant de comprendre le fonctionnement de ces engins ultramodernes.

Après avoir transpiré une bonne demi-heure, je suis descendue rouge écarlate d'un tapis roulant duquel je faillis me rétamer telle une vieille otarie bourrée, comme en sortant du manège ou d'un bateau qui tangue. J'avais la tête qui tournait. Et tellement chaud et soif... mais évidemment pas de bouteille d'eau. Heureusement, miracle et joie, j'aperçus sur plusieurs petites tables des vaporisateurs et des distributeurs de mouchoirs. J'en empoignai avec délectation pour essuyer mon front dégoulinant, et m'aspergeai la figure d'eau. Ouf.

Pas dégoûtée, et même avec une certaine fierté, je décide alors de tester le rameur, puis le vélo... Je me vois déjà sur la plage l'été prochain, mon Instagram débordant de selfies nombrilistes... Pour le moment, ça me brûle un peu le visage, quand même. Je manque vraiment d'entraînement ! Au moment de partir, le coach s'approche pour m'expliquer une dernière chose : pour une meilleure hygiène de la salle, c'est bien si tout le monde, après utilisation, nettoie un peu les poignées des appareils utilisés... Tu vois, avec les sprays et les mouchoirs, là, sur les tablettes !

Première séance, je suis toujours vivante. Il semble que le ridicule ne tue effectivement pas.

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08 septembre 2015

NE JAMAIS DEVENIR ADULTE

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Bien sûr, ça peut avoir l'air poétique, rigolo, sympathique.

Ça n'en demeure pas moins une posture théorique, utopique et puérile. Immature.

Devenir adulte serait obligatoire. Obligatoire de payer un loyer, des impôts, des courses, un abonnement à internet, des cartables tout neufs. Obligatoire alors de travailler, d'être responsable, de boire du café, de tenir ses engagements, de voter à gauche ou à droite, de manger des haricots verts (de son plein gré).

Pourtant...

Pourtant j'ai découvert qu'on pouvait très bien faire tout ça - parce qu'il n'est pas non plus obligatoire d'être marginal tout le temps pour faire croire qu'on est plus vivant que les autres -, on peut très bien avoir un vrai travail, prendre des rendez-vous à la banque pour renégocier un prêt, voire même comprendre plus de 75% de ce que dit la banquière, et NE PAS être adulte vraiment. Là, quelque part au fond de sa tête ou de son coeur, savoir qu'on fait semblant, que tout ça n'est qu'un jeu, même si on joue avec du vrai argent ou sa vraie santé (d'où les haricots verts), c'est pour ça qu'on peut jouer soigneusement parfois, ou passionnément même, ça reste du pipeau, du pas grave, du pas sérieux.

Je croyais que je finirais par grandir, qu'il faudrait bien de toutes façons, qu'à force de remplir des documents administratifs ça rentrerait... En plus avec les enfants, il faut bien des adultes pour dire non au Coca le soir et faire réviser les tables de multiplications...

Ben non, en fait, c'est pas obligé.

C'est bien de réviser ses tables, on peut même gronder et dire des phrases comme "Parce que c'est comme ça !" et pourtant...

Il est possible, j'en suis persuadée, de garder en soi une folie, un espoir, une innocence, un émerveillement, une confiance...

Et je vous assure que là, c'est pour de vrai, c'est du sérieux. Je suis tellement heureuse d'avoir COMPRIS que ce n'était pas juste de la littérature ou du cinéma pour faire rêver les gens en manque de souvenirs d'enfance ! Juste de l'utopie sympathique et puérile. J'ai rencontré des adultes de 30 ans et des enfants de 60, et ça m'est apparu comme une révélation. La différence n'est pas toujours visible à l'oeil nu, il peut falloir un certain temps pour qu'elle n'éclose, au détour d'une conversation sur le sens de la réussite, le goût discret du pouvoir ou l'imperceptible mépris de la naïveté... Les vrais adultes peuvent se montrer très marrants et les faux enfants parfois relous, attention aux jugements rapides, on peut confondre !

Mais quel soulagement quand je me suis rendue compte que j'avais été élevée par des enfants déguisés en adultes et que j'avais le droit, et même le devoir, si je veux que mes enfants le restent, et demeurent bons, uniques, passionnés, et qu'il ne leur pousse pas de certitudes, de ne JAMAIS devenir adulte.

Et donc j'ai un travail d'adulte ici (enfin, plus ou moins), mais j'ai aussi un rêve d'enfant là. RDV jeudi 10 à 20h pour l'acheter tous en même temps, qu'il grimpe d'un coup dans les classements et devienne alors accessible au plus grand nombre. Si vous aimez le blog (surtout , ou ici), normalement vous aimerez le bouquin. N'hésitez pas, faites-vous plaisir, partagez, ça me fera plaisir aussi. N'empêche, j'ai peur, j'espère que vous l'aimerez...

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