Débords de mère

26 avril 2017

Et maintenant ?

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J’ai voté rouge, parfois, faute de pouvoir voter noir.

J’ai voté blanc, le plus souvent, bloquée par une maladive indécision. Comment donner sa bénédiction à un camp dont je savais qu’il ne permettrait pas à mon pays de devenir meilleur ? Je ne suis même pas partisane du « Si tu ne votes pas, ne vient pas gueuler après… », parce que si personne ne me convient, j’estime que oui, je peux gueuler.

Encore faut-il qu’on me laisse gueuler.

Que cette liberté-là ne soit pas mise en péril.

En 2002, j’ai eu envie de vomir, et j’ai pleuré un peu avant de descendre dans la rue avec vous tous. Est-ce 98 et Zizou qui nous avaient donné le goût du collectif ? Est-ce que la peur qu’on ressentait était irrationnelle ? Est-ce que la vision du FN est devenue, au fil du temps, acceptable ? Et nos enfants, on leur montre quoi, en soupirant devant la télé ? Que ce qui arrive est normal ?

Aujourd’hui, j’ai encore envie de pleurer, et il n’y a personne dans la rue pour me donner de l’espoir.

Je connais des électeurs de droite incapables de voter Macron, trop socialiste.

Je connais des électeurs de gauche incapables de voter Macron, trop libéral.

Aujourd’hui, j’ai encore envie de pleurer, en voyant nombre de mes amis, des gens intelligents je crois, défendre plus que jamais ce vote blanc dont j’ai tellement usé…

Mais pas là, putain, pas cette fois, oh, réveillez-vous !!

Pour ne pas salir vos petites mains tellement pures, pour ne pas trahir vos idéaux tellement nobles, vous êtes prêts à laisser entrer la bête ?

Parce que vous ne voulez pas prendre la responsabilité de cinq ans de plus dans une direction douteuse, vous vous laisseriez conduire (en marche arrière) vers l’abîme ?

Parce que vous trouvez votre immeuble mal géré, vous voulez le brûler ?

Parce que vous refusez d’avaler un macdo, vous laisseriez d’autres vous faire manger leur caca ?

Vous me parlez de choix entre la peste et le choléra, mais parce que vous avez peur d’attraper un rhume, vous accepteriez de vous faire baiser sans capote ?

Pardon, mais je ne vous comprends plus.

Faut-il vous relire le programme, vous expliquer encore pourquoi non, la peur n’a rien d’irrationnel ? Vous rappeler que les électeurs FN, eux, n’ont pas d’états d’âme ?

Si le 8 mai, on se retrouve dans la rue, parce que Le Pen nous aura fait la même surprise que Trump, vous pourrez gueuler fort, mais ne vous avisez pas de me dire que ce n’est pas votre faute.

En 1942 non plus, ce n’était pas leur faute, à ceux qui regardaient partir les trains.

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20 avril 2017

On parle d'autre chose ?

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Si on dîne ensemble, dans les prochaines semaines...

... on pourrait parler de l'odeur du lilas, ou de la couleur des tulipes.

... on pourrait parler des plus jolis endroits du Finistère dont il faut profiter avant l'arrivée des touristes.

... on pourrait parler de nos rêves d'enfants, et réfléchir à la façon dont il est encore temps de les réaliser.

... on pourrait parler du nombre de feuilles de menthe nécessaires à la confection d'un mojito.

... on pourrait parler des histoires de fantômes, et des tables qu'on a fait tourner.

... on pourrait parler des recettes d'été avec plein de tomates qu'on va bientôt avaler.

... on pourrait parler de vos projets, de vos envies, de vos enfants.

... on pourrait parler des avantages de l'épilation au laser et essayer de comprendre la lumière pulsée.

... on pourrait parler des musiques qu'écoutent nos ados, et voir lesquelles on pourrait leur piquer.

... on pourrait parler d'un voyage bout du monde, et d'un autre, plus proche, avec les enfants.

... on pourrait parler des films qu'on a tellement aimés que les répliques nous sont restées cultes.

... on pourrait parler de course à pieds, je vous dirais que je m'y suis mise et vous pourrez même vous moquer.

... on pourrait parler du plaisir de fermer les yeux au soleil, juste quelques minutes entre midi et deux.

Vous voyez ? On a toutes les bonnes raisons de passer un moment agréable...!

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14 mars 2017

Cher Vianney,

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J'ai entendu il y a peu de temps l'un de vos derniers morceaux à la radio. Ça m'a plu, beaucoup même, émue pour être précise.

Evidemment, j'avais entendu parler de votre succès auparavant, bien que je ne sois pas à la pointe de l'actualité musicale (seulement à la pointe de la Bretagne. Mais ça n'a rien à voir, il paraît.). Mais je n'avais pas vraiment pris le temps d'écouter, j'avais suffisemment de variétoche dans ma playlist Deezer... En plus dans ma classe en 5°B j'avais un Vianney et... Bon, bref.

A peine ajouté entre Larusso et Patrick Bruel (vous voyez, j'avais déjà l'embarras du choix !), mon ordi me suggère de visionner un extrait d'émission dans laquelle vous étiez invité. Prompte à la procrastination, et sans doute justement parce que j'avais bien plus urgent à faire, je clique. Et là, surprise, un garçon aussi touchant que sa voix. Et plutôt séduisant, il faut le reconnaître...

Piquée par une insatiable curiosité, je googelise une recherche indispensable et qui ne peut vraiment pas attendre : "âge Vianney". Et soudain, c'est le drame : le mec a 26 ans. Soit 10 de moins que moi, très précisément.

Je viens de trouver séduisant un mec de 10 ans de moins que moi.

Ouille, le méchant bordel dans ma tête... Ça veut dire que dans la vraie vie (si j'avais été célibataire et si l'occasion s'était présentée et si j'avais assez bu d'alcool pour oser, ça fait beaucoup de si...), le mec que j'aurais trouvé canon dans la soirée ne m'aurait même pas calculée ! Ou alors pour voir ce que ça faisait de se taper une vieille... D'ailleurs on n'aurait pas pu se trouver invités tous les deux la même soirée ! Ça veut dire aussi que les mecs de 10 ans de moins que moi ont potentiellement des relations sexuelles depuis 10 ans. 

Et ça mon cher Vianney, tu comprendras quand tu seras grand, mais je peux te dire que ça fait mal au cul. (Enfin non, pas au mien justement !). Tu permets que je te tutoie, maintenant que j'ai compris que quand je passais mon bac, tu jouais encore au Playmo ? (Merde, "séduisant", un mec dont j'aurais pu être la baby-sitter !)

Je voulais donc te remercier. Pour cette prise de consience, d'abord. Tu vois, ce sont des moments de solitude comme celui-là qui aident peu à peu à assumer un certain nombre de choses... 

Et puis pour ta musique, vraiment, j'en écoute plein maintenant et j'adore. Tant pis.

Sans rancune,

Aline.

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10 janvier 2017

J'élève mon ado

waynes_world_garth_toaster_t_shirt22S'il y a bien un truc que j'adore, en janvier, c'est le nouveau calendrier publicitaire cartonné. Il est grand, il est beau, il est surtout vierge de toute souillure... Aucun enfant n'a encore raturé de smiley sur le premier jour des vacances, aucun copain bourré n'a encore dessiné de bite sur le jour de mon anniversaire...

Il nous donne une visibilité sur 6 mois et hop ! on le retourne pour les 6 mois suivants. D'ailleurs, c'est même 7 mois : deux fois juillet pour que l'été dure plus longtemps et janvier suivant...

365 jours de possibles, une année encore où je caresse l'espoir de l'extra-ordinaire : qu'est-ce qui va nous arriver ? Quelles aventures allons-nous vivre ? Quels voyages, quelles rencontres, quelles retrouvailles, quels projets, quels changements, quelles découvertes, quelles surprises ? Comment serons-nous l'an prochain ? Et toi Pascale, tu te marres toujours pour rien ? On aura peut-être déménagé ? On aura peut-être un chien ? J'aurai peut-être fini mon 2e roman (oh oui s'il vous plaît petit Jésus petit Allah...) ?

Alors je commence à le remplir, bien proprement. Et je me réjouis de voir s'annoncer les prochains week-ends dans la famille, ceux où l'on reçoit du monde, celui à Lisbonne sans les enfants, les dîners, les vacances, les sorties familiales...

Et les anniversaires...

En mai et juin pour les aînés, cette année vous nous mettrez 10 et 12 ans, merci madame.

Hum. 10 et 12.

10 ans et 12 ans.

Pardon, mais putain.

Allô, où sont mes bébés ?

Sont-ce les deux préados dont le rire est en train de devenir aussi parfumé d'intelligence que celui de Garth Algar*, et qui regardent en cachette des vidéos de Norman et Natoo sur YouTube ? Celle dont on ne sait plus si on doit la réveiller dimanche à 10h parce que merde, on a acheté des croissants (et que sans elle au petit-dej ça fait vraiment vide, imaginez mon état quand elle va quitter la maison !) ou la laisser émerger à midi parce qu'elle en a besoin, avec ses poussées de croissance...

10 et 12... Non mais sérieusement ? Pourquoi il veut monter ses Playmos dans le grenier, non, arrête, c'est trop génial les playmos !...

En réalité je crois que j'ai peur. La phase qui s'annonce va être tellement différente de tout ce qu'on a connu jusqu'à présent... Laurence Pernoud, reviens !!! Tellement différente... C'est vrai qu'on va pouvoir regarder des films de grands ensemble, et discuter de sujets de fond, et se coucher plus tard sans trop se soucier du lendemain, et s'ouvrir à leur monde, et s'enrichir encore, grâce à eux ! 

Voilà déjà une belle aventure qui commence, cette année.

 

Retrouvez ce billet sur Kidiklik 29, une fois par mois dans les coulisses. Sans les gros mots.

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21 décembre 2016

Traiter l'allergie

 

Je suis née bordélique, tête en l'air, et en retard. Anarchiste, disait ma mère dès mes trois ans, n'y voyant pas alors de portée politique… Juste allergique à l'ordre autant qu'aux ordres.
Un jour, ma belle-sœur – de huit ans mon aînée – alors que je l'admirais pour son organisation, m'a avoué que depuis son enfance, elle était bordélique, tête en l'air et en retard. Tout n'était pas réglé, loin de là, mais alors, certains de ces traits de caractère s'étaient sérieusement résorbés. Parce qu'avec des enfants, dans la mesure où ceux-ci sont directement impactés par ton bordélisme, tu es obligée de t'organiser un minimum. « Ça viendra, ne t'inquiète pas... »
Je ne la croyais pas vraiment, cette femme capable de faire porter à ses trois enfants des vêtements repassés après un trajet en valise (les vêtements, pas les enfants), cette femme capable de penser à préparer le déjeuner AVANT que les enfants aient faim, et après avoir fait un footing…
Face à moi, débordée avec ma fille aînée, unique à l'époque, (elle est toujours unique, mais a des frères et sœurs !) ayant oublié d'apporter les biberons, encore en pyjama froissé à l'heure de l'apéro…
...Je n'étais pas certaine qu'elle avait pu être comme moi, et encore moins convaincue que je pouvais changer.
Et bien aujourd'hui, huit ans plus tard, j'ai la fierté de vous annoncer que certains de ces aspects de ma personnalité se sont légèrement résorbés. À l'instant où je vous parle, 3 jours avant Noël, (presque) tous mes cadeaux sont achetés. Et même emballés. Les enfants n'ont jamais été en retard à l'école (depuis la rentrée) (enfin ils n'ont jamais eu de billet de retard). Comble de l'organisation, depuis quelques temps j'utilise même une balance pour suivre les recettes de cuisine (suivre, pas inventer !)
Il m'arrive même, mais ça reste entre nous, je n'en suis pas fière... Il m'arrive de ranger les couverts par famille dans le panier du lave-vaisselle pour que soit plus facile au moment de le vider.
Pardon.
Ceci est donc un message d'espoir pour tous les bordéliques du monde : ce n'est pas une fatalité, ça peut changer.
Quoique... l'idée d'un monde trop bien rangé me file quand même des bouffées d'angoisses... Non en fait, restez comme vous êtes. Bordélique de tous pays, unissez-vous !

 

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13 novembre 2016

Cher Laurent Ruquier,

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J'ai autrefois milité chez les anars, j'ai une maîtrise de philo, j'ai même écrit un petit roman : j'aurais dû, grâce à ces quelques éléments, rentrer dans la case des intellectuels ! Pourtant, j'ai déjà fait mon coming out, et mon entourage sait depuis un moment que j'écoute Les Grosses Têtes, sur RTL. C'est peut-être à quelques stations de France Culture, mais pour la case "intello", c'est cuit.

Foutue pour foutue, je me suis carrément inscrite, voici quelques temps, pour jouer en tant qu'auditrice contre votre équipe. Non qu'un quelconque voyage en hôtellerie de luxe me fit fantasmer... Mais j'y voyais là un moyen particulièrement judicieux de promouvoir mon roman, dont les ventes, quoique bien supérieures à certains politiques, s'essoufflaient un peu.

J'avais préparé ma réponse à la question "Que faites vous dans la vie ?" : fort heureusement, vous me l'avez posée. J'ai bien défendu ma soupe, j'ai même su vous faire rire... Je ne vous la rejoue pas, mais j'ai vendu grâce à vous une vingtaine de bouquins. Mieux qu'un petit salon du livre. Merci pour la promo.

En plus, pour ne rien gâcher, j'ai gagné au jeu, et quelques semaines plus tard arrivaient dans ma boîte aux lettres un coffret plein de crèmes et de maquillage Beauty Success, de ceux qui sont encore un peu trop chers pour moi, un téléphone portable pour seniors que je comptais bien revendre sur le bon coin, et un séjour au Château de Cheverny. Nous en avons profité en famille, (trois enfants, il faut bien les occuper) on a aussi fait une razzia de châteaux de la Loire. C'était magnifique, suite impeccable, visites parfaites... Vous n'êtes que messager, mais merci pour ce moment, si je puis dire. Et ma fille de 4 ans vous félicite tout particulièrement :

"- Il est fort, Laurent Ruquier... 

- Certainement, mais pourquoi ?

- Ben, d'avoir construit Cheverny !"

Hum.

Et je dois être honnête, maintenant je me maquille, et j'utilise même le Doro, ce portable pour retraités, avec un bouton pour si je glisse dans ma salle de bains, une utilisation hyper simplifiée et un appareil photo assez moyen (parce que les vieux ont toujours des pellicules à développer). Non qu'à 36 ans, je me sente déjà croûlante. Ce n'est pas non plus par déférence envers vous, je ne vous idolâtre pas au point d'utiliser vos cadeaux contre vents et marées.

Non, simplement... En sortant de chez moi l'autre jour, en retard comme souvent, je cours jusqu'à ma voiture pour aller chercher mes enfants à l'école (y compris celle pour qui l'architecture du XVIIe siècle reste une notion assez confuse). Debout dans mon jardin, je me rends compte soudainement que mon envie de faire pipi est beaucoup trop pressante pour supporter un aller-retour en voiture, et que mon timing est beaucoup trop serré pour un aller-retour dans la maison fermée à clef... Qu'à cela ne tienne, je jette un coup d'oeil autour de moi, à la campagne je suis tranquille, je baisse mon jean et m'accroupis sur le gazon, pour arroser les coccinelles et les papillons, comme dans la chanson.

Ce n'est qu'en me relevant que je m'aperçois que mon Iphone tout neuf, même pas rayé, était tombé de ma poche arrière et se laissait allègrement asperger. Je n'aurais pas mieux visé si je l'avais pris pour un test de grossesse.

Mais sitôt décédé, sitôt remplacé... par un Doro de grand-mère autrefois tant moqué. Merci Laurent Ruquier !

(poil au nez)

PS : Pour un nouvel Iphone en revanche, il va me falloir augmenter mes revenus... je vous joins mon CV ?

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08 octobre 2016

Par-delà le bien et le mieux

 

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Je me suis souvent demandé comment j'aurais agi sous l'occupation. Facile à dire, pensent certains, on ne peut pas savoir, pensent d'autres, mais moi je suis certaine que j'aurais résisté. Que j'aurais pris des risques, que j'aurais caché des juifs. Que j'aurais su réfléchir, remettre en question le gouvernement, que je ne me serais pas laissée embrouiller par Vichy, par la peur, par la flemme... Pas laissée endormir par le silence des pantoufles...

Mais je n'ai jamais connu la guerre.

J'ai depuis longtemps le sentiment que le monde pourrait être meilleur. Oh, c'est un peu flou, moins de violence, plus d'égalité... (C'est moi qui écris les discours des Miss). Je me suis engagée, un temps, auprès des anarchistes, dont j'admirais le purisme, la passion, la rage et la soif d'absolu. Mais de manifs en réunions, j'ai finalement l'impression que seul mon monde a changé. Je me suis déclarée féministe, et je le fais encore, dans les dîners auxquels j'apporte une bouteille pour Monsieur et des fleurs pour Madame... Surtout ne pas sortir de ma zone de confort, les féministes sont tellement décriées, je pourrais me mettre en danger, on pourrait ne plus m'aimer...

Mais si l'on était en guerre, je veux dire vraiment, comme en 39-45, alors là oui, c'est certain, je serais résistante !

Pourtant le monde continue de me déplaire, et de plus en plus peut-être, ça se précise un peu même si les contours du malaise restent flous... Mais que voulez-vous ? C'est comme ça, on n'y peut rien ! Il y aura toujours de la misère et des guerres, des viols et des multinationales qui vendent aux enfants des pommes empoisonnées...

Quoique... C'est vrai, maintenant que j'y pense, il existe des gens, des familles qui agissent. Qui luttent à coup de consommation. Qui résistent en remplissant des bocaux de bio, de vrac, de local.

Depuis quelque temps c'est vrai, je ne sais que faire de mon admiration pour les Zéro Déchet et autres semeurs d'espoir. Mon amie Aurélie en est une parfaite ambassadrice : fille normale, vie normale, boulot normal (un peu chiant, même, donc vraiment normal)... Et d'un coup, elle passe d'ordinaire à extraordinaire, parce qu'elle, au moins, pourra se regarder dans la glace quand nos enfants nous demanderont ce qu'on a fait pour arrêter le carnage.

En fait, des familles agissent au lieu de désespérer d'un monde qui part en couille, qui se réchauffe, qui vend de la bouffe pleine de cancer, qui fabrique des produits inutiles pour créer une richesse factice dans le but d'acheter des produits inutiles... Un monde qui tourne à l'envers à bien des égards.

Ces familles qui agissent au lieu de se lamenter, ce sont les nouveaux justes, les nouveaux résistants.

Et moi ? Moi j'admire, moi j'applaudis, moi j'approuve, moi je partage sur facebook, moi j'en parle autour de moi, moi j'en parle sur mon site. Mon boulot, c'est la com, alors je communique !

Moi, je dénonce la grande distribution qui étrangle, étouffe et écrase les PME à coups de guerre des prix, mais quand le frigo est vide, je fais un Leclerc drive sur mon Iphone, c'est tellement pratique ! Et je jette mes emballages dans une poubelle qui déborde, et je donne des pommes empoisonnées à mes enfants parce que les fruits, c'est bon pour la santé...

Le Zéro Déchet, le bio, le local, j'aimerais bien, vraiment, mais là je n'ai pas trop de temps, et puis il faudrait changer tellement d'habitudes, j'ai la flemme vous comprenez...

Mais si c'était la guerre, ah oui, c'est sûr, je serais résistante !

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08 septembre 2016

Et encore une rentrée !

 

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Et voilà.

Voilà, c’est fait. Ils sont rentrés, tous les trois dans leur nouvelle école, tous les trois seuls dans un océan de nouvelles têtes, tous les trois -ou presque- contents et curieux et fiers d’y être enfin, de découvrir, de partir à la conquête de nouveaux amis, de nouveaux savoir, d’un nouvel univers, à la conquête du monde, en quelque sorte.

On a appelé leur nom, ils sont entrés dans leur groupe et je les ai regardés entrer, avec leurs coups de soleil, dans des bâtiments qu’ils connaîtront bientôt par coeur.

Je ne suis pas restée prendre un café avec les parents d’élèves, d’abord parce que je n’aime pas le café, et puis parce que j’aurais eu du mal à parler avec ma boule coincée dans la gorge. Je suis allée me cacher dans ma voiture pour pleurer enfin tranquillement. Mes traditionnels pleurs de rentrée. Ben oui, j’ai des principes… Oh, pas longtemps, juste assez pour évacuer les angoisse que j’avais gardées pour ne pas leur refiler ! 

J’en ai profité pour pleurer sur les vacances, tellement belles cette année, et qu’on a pu faire durer jusqu’à la veille de la rentrée sur une plage paradisiaque comme seules peuvent l’être les plages finistériennes au soleil. Cette pensée m’a consolée d’elle-même, car je me suis dit que septembre pouvait offrir encore de belles soirées, encore des pique-niques sur la plage et encore des baignades en sortant de l’école, encore du sel sur la peau qu’on garderait jusqu’au lendemain, encore du sable sur les pieds qu’on apporterait dans son lit, pour s’endormir en pensant que les vacances, on est presque encore dedans…

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02 mai 2016

Jusqu'ici tout va bien

 

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C'est la première fois.

J'avais pourtant gardé cette habitude d'enfance de faire le décompte, environ 11 mois avant, environ chaque année, c'est dire si j'ai passé ma vie à compter. A partir du 3 avril, l'excitation devenait insupportable (pour les autres surtout), et le 1er mai a toujours symbolisé pour moi "plus que 2 dodos".

Devenue adulte, j'ai continué à trépigner, du coup je me suis mise à organiser de grosses fiestas, ça m'occuppait en attendant le jour J, et puis c'était un bon prétexte pour le proclamer au plus grand nombre...

Je n'avais pas particulièrement hâte d'avoir des cadeaux (même si ça me fait plaisir, attention !), pas plus que je ne fus émerveillée par l'idée de grandir ou de passer un cap, je ne crois pas... Même enfant, ce qui me plaisait, c'était d'avoir MON jour. 365 jours par an, et le 3 mai m'était exclusivement associé. Le monde entier se devait d'être au courant.

Mais là, rien. A la maison, je l'ai un peu rappelé, quand même, pour le principe, et puis parce qu'on ne balaie pas d'un revers de main négligé des années d'habitude (et sans doute que j'avais quand même un peu peur qu'on m'oublie vraiment totalement, d'accord).

N'empêche, je n'ai pas vraiment envie de fêter mon anniversaire, et c'est la première fois.

Sûrement parce que j'ai 36 ans, et que 36, c'est plus près de 40 que de 30, or à 30 ans on est les maîtres du monde, à 40 ans on commence plutôt à s'approcher de la race des vieux cons. Je n'ai pourtant jamais compris mes amis de 40 ans qui pleuraient sur leur âge, je leur disais que tout ça, c'est dans la tête, qu'un anniversaire ça se fête quel que soit le chiffre... Oui mais là c'est moi, alors ça va, la ferme, vous ne pouvez pas comprendre.

A 36 ans, Jésus était déjà mort (et même ressucité. Sa carrière était derrière lui.)

A 36 ans, Macron était nommé ministre de l'économie.

A 36 ans, Vanessa Paradis chantait depuis 23 ans.

A 36 ans, les footballers fêtent leur retraite (et leur Rolex).

A 36 ans, Marguerite Duras en était à son 3ème roman.

En fait, il me semble que j'arrive au moment de ma vie où, si je ne fais pas gaffe, tout risque de se figer : enfant, chaque année est différente, on se transforme, on change de classe, le mouvement est perpétuel... Jeune adulte c'est pareil, les amis, les amours, tout évolue en permanence... Au début de la vie active aussi, tout est incertain, et puis on se maque, on achète une maison pourquoi pas, on fait des enfants, dont les premières années ne laissent pas une seconde de répit...

J'ai tellement peur que ce mouvement s'arrête ! Et si le prochain évènement important dans ma vie, c'était ma retraite ? Smiley qui se tire une bastos... Mais moi j'ai envie de continuer à tourner (tous les deux enlacés) !

Peut-être que pour mon anniv, je vais demander un manège.

 

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05 avril 2016

Juste une cassette...

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Dans le cadre de mon travail, j'ai participé à un salon. Une grosse foire expo, à Morlaix. Pour m'y rendre, il faut traverser les Monts d'Arrée... C'est magnifique, une tuerie au petit matin, la brume sur les monts désertique, la petite chapelle, le Menez Hom... Magique !

Mais la route est longue, en camion bruyant. Un gros camion d'artisans, sans Bluetooth, sans même un lecteur CD…

Heureusement, j'ai trouvé une cassette. Une cassette audio, vous vous souvenez ? Le rectangle avec la bande marron qu'on rembobine au crayon de bois ? Rembobiner, vous vous souvenez ?

Bref. J'ai trouvé la cassette dans un carton qui n'avait pas vu le jour depuis trois ou quatre déménagements, et j'ai pioché celle avec écrit Aline. Rapport au fait qu'Aline, c'est moi, je me suis dit qu'elle me plairait sans doute.

C'est peut-être un détail pour vous (mais pour moi ça veut dire beaucoup), toutefois il faut savoir que le A de Aline avait les branches qui dépassait, et il était cerclé. Voilà, c'est ça, juste comme comme dans "Anarchiste". Ce qui m'a permis, soit dit en passant, d'estimer l'âge de cette cassette à environ 15 ans. Ne dites rien, oui, oui, je sais, aujourd'hui le A de Aline signifierait plutôt "Ah la grosse bourgeoise", mais ce n'est pas la question, merci.

J'ai ouvert une kro pour le clébard (ah non, en fait), enclenché l'auto-radio, et poussé le volume à fond.

Très vite, les paroles me sont revenues, et avec elles les ambiances, et même les pensées, et j'ai chanté : "à cause d'un coup d'épée dans l'eau c'était le / coup d'épaule et l'homme est tombé mais le salaud / c'était pas le zéphyr ni la lune/ c'était le borgne gros con joufflu", avec Zebda rendant hommage en 1998 à Brahim, noyé par des manifestants FN...

Je me suis rappelé tellement de moments, et quelques pétards avec Pierpojak racontant "l'histoire d'un bâtard qui fait de la lèche pour Le Pen / qui s'engage dans les keufs pour officialiser sa haine // heureusement dans la famille il y a une cousine qui fume des spliffs et danse le raggamuffin" ou encore "10 millions de glandeurs ça vous fait peur ? / chômage à tous les étages, y en aura pour tous les âges dédicace pour 10 millions de glandeurs !"

Pas besoin de creuser, je connaissais tout par coeur ! J'ai beuglé dans ma taule : "2000 ans et un jour / on fait le bilan il est lourd / on jette les flingues, et le fric n'a plus cours" avec Michel Fugain et Blankass...

J'ai réfléchi, un peu, à mes convictions, leur force (ou pas), les raisons du départ d'un certain nombre d'entre elles, et si cela me satisfaisait, si j'en avais trouvé de plus proches de ce que j'étais aujourd'hui... J'ai réfléchi à l'importance de se rester fidèle, à ce que signifie cette fidélité, si elle permet l'évolution. Je me suis posé la question de ce qui nous définit vraiment, nos idéaux ? Nos actes ? Autre chose de plus profond ? (Oui, quand je suis toute seule dans mon camtar au coeur des Monts d'Arrée, je me prends pour Malraux.)

Heureusement, les putain de Phacos (enfin je crois) m'ont tirée et de mes réflexions, et ça a fait peur au chien (ah non, c'est vrai) : "phaco phaco phacochère, fuck fuck fuck dans les waters, on brûlera tous en enfer, par ce qu'on est des phacochères, on cramera tous père et mère, parce qu'on est des phacochères !" 

En écoutant cette cassette avec son gros son dégueulasse, dans mon camtar avec mon clebs (...), j'ai pris 15 ans dans ma face. Et c'était bon, putain.

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