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Il est un débat hautement culturel qui revient souvent, en particulier en périodes festives : est-il moralement acceptable d’aimer la musique de merde ?

Attention, danser sur une compil des années 80 demeure à la portée du premier venu.

Connaître presque par cœur l’intégrale de Didier Barbelivien ne mérite pas une inscription au Guiness Book.

Mais porter une affection sincère aux tubes de Gilbert Montagné ou Amel Bent, et j’irai même jusqu’à ceux des Spice Girls, reconnaissons que ça n’est pas donné à tout le monde. Et ceci, croyez-moi, n’empêche en rien d’aimer Chopin, Miles Davis ou les Doors… De les apprécier, les admirer, reconnaître leur talent !

Car point question de talent dans la musique de merde, et c’est là que survient toute la difficulté. On sait que c’est mauvais, mais on a quand même envie de l’écouter. On y est attaché parce que c’est là-dessus qu’on s’est pris une première caisse, une première clope, qu’on a roulé nos premières pelles… On l’aime parce qu’elle nous donne immédiatement envie de danser en criant « Aaaargh ! J’adooore celle-là !! ». J’avouerais qu’on est particulièrement à même d’apprécier si on est une fille et qu’on s’est fait larguer en écoutant Larusso nous dire qu’on oublierait, son attente, impatiente, accrochée au téléphone…

C’est un peu comme un Macdo un lendemain de fête : on le sait, que c’est objectivement mauvais ! Mauvais pour le corps, mauvais pour les papilles, mauvais pour notre image de bobo anti-impérialiste… Malgré tout ça on le veut, il est devenu traditionnel. Il est un peu notre madeleine de Proust de la gueule de bois. Sans lui, point de salut.

Autre métaphore culinaire : le café. Je n’aime pas le goût du café, non, non, vraiment, n’insistez pas, je trouve ça écœurant. Pourtant j’adore le concept du café, son côté convivial, sociabilisant même. Il est trop mignon le « p’tit caf’ » de dix heures ! Et le café d’après le déjeuner, qui détend avant d’énerver ? Et celui de la machine à café, au boulot, accompagné des derniers ragots ? Il est pas formidable, celui-là ? Donc j’aime d’amour le café, même si je le trouve mauvais, très mauvais.

Eh bien voilà : j’aime d’amour la musique de merde, même si je la trouve mauvaise, très mauvaise.