infosEt voilà, c’est reparti. Dans un an, en France, nous irons tous voter pour élire notre nouveau président de la République. Ou nouvelle présidente, qui sait. Ou pas nouveau du tout, ça se pourrait aussi. Quoi qu’il en soit, nous irons tous, et toutes, parce que ne pas voter, c’est très vilain, c’est comme, par exemple, fumer enceinte… De l’inconscience pure !

Nous voilà donc en route pour un an de campagne, une année pendant laquelle les Chazal, Pujadas, Toussaint, Roselmack et compagnie ne nous parleront que de ça. Des sondages, des petites phrases et de qui a fait quoi. Quant aux programmes, assez peu sans doute…

Eh bien vous n’avez qu’une envie, c’est de vous mettre à hiberner. Non que le Politique ne vous intéresse pas, vous pensez même que l’organisation de la vie de la cité est une des sciences humaines les plus passionnantes. Non que vous ayez déjà choisi votre camp sans risque d’en démordre, au contraire, vous doutez de jamais réussir à faire un choix politique (un choix en général, d’ailleurs !).

Mais hiberner, c’est bien, aussi, non ? Vous vous imaginez, dans votre lit pendant un an, à bouquiner et regarder des films… Le grand kif ! Bon, OK, un an, ça fait long, une semaine devrait suffire. Simplement, si la chose politique est en soi passionnante, et si le sens donné à la République est absolument essentiel, les acteurs politiques ne demeurent pas moins des hommes et des femmes.

Et les hommes et les femmes, quand ça veut gagner, ça oublie complètement pourquoi. Ça se rend bien compte qu’il y a un pays tout entier avec des vraies gens dedans, ça apprend le prix de la baguette et du ticket de métro, mais ça perd un peu de vue l’ampleur et la noblesse de la tâche que ça doit acquitter. Pas de chômage, pas d’insécurité, un gigantesque pouvoir d’achat, un cadre de vie écologiquement irréprochable… Les objectifs du Politique, au fond, c’est (juste) la vie heureuse !

Le moment venu, d’accord, vous lancerez votre bulletin de vote dans un sens plutôt que l’autre, parce que, de vos vingt ans, il reste quelques illusions… Et vous espérez sans trop y croire que par là, on construira plutôt des écoles que des prisons (ou l’inverse, chacun voit midi à sa porte…du pénitencier).

En attendant, cette année, faute de pouvoir hiberner vraiment – juste parce que matériellement, c’est un peu compliqué – vous allez tâcher de vous débrouiller pour que la vie heureuse soit quand même la vôtre. Et celle de vos enfants, de votre amoureux, de vos amis… La seule campagne que vous verrez sera celle où paissent les vaches. Remettre le nez dans un peu de philosophie politique, pourquoi pas, histoire de secouer un peu votre activité cérébrale engourdie…

 Et qui sait, ça fera peut-être revenir vos illusions perdues !