news_id106_fichier2_121457808285152100C’est de son confesseur que votre grand-mère a reçu l’autorisation, après six enfants, d’essayer de se prémunir contre l’arrivée d’un septième.

Votre père était le premier de ses quatre frères à donner le biberon à ses petits, assumant alors, à l’époque, une image bien peu virile.

Mais vous ? Vous avez le droit de voter et de signer des chèques… Votre mari repasse ses chemises, fait la vaisselle et change les couches (et ses copains ne pensent pas pour autant que vous êtes une vilaine marâtre !).

Alors comment se fait-il qu’en 2011, après toutes vos saines lectures et prises de position sur l’émancipation féminine, vous persistiez à vous sentir coupable lorsque vous sortez sans lui ?

Un after-work, s’il est encore au boulot, passe encore, mais si la soirée se prolonge, et que s’improvise une pasta-party, vous lui proposez de vous rejoindre. Mais il est fatigué, et il a du boulot à la maison… C’est alors qu’un léger voile assombrit votre humeur badine : si les enfants sont avec lui, il est presque certain que vous les rejoindrez, afin de ne pas lui imposer ce baby-sitting surprise… Pourtant ces enfants sont aussi les siens ! Et globalement, c’est plutôt seule avec eux que vous passez vos cinq à sept, toute la semaine… !

S’ils sont en vacances ailleurs, vous trouvez que c’est un peu gonflé, pour une fois que vous êtes tous les deux, de le laisser seul ce soir…

Vous dites donc à vos amis que vous prendrez juste un verre, mais ne resterez pas dîner. Devant leur étonnement et leur insistance, vous vous laissez convaincre : d’abord, c’est vrai que vous en avez très envie, le moment est agréable, et vous rigolez bien ! Et puis s’il est fatigué, la soirée en tête à tête risque d’être bien peu festive. S’il bricole, vous bouquinerez toute seule au lit. Objectivement, mieux vaut rester là. De toute façon, il vous a assuré que ça ne le dérangeait pas. Sans compter que vous ne voulez surtout pas passer pour une fille qui ne s’autorise pas de soirées en célibataire, et encore moins le faire passer pour un mec qui reproche à sa femme de s’amuser sans lui… Non, vraiment, restez, ça lui rendra service !

Alors pourquoi ? Pourquoi vous en vouloir s’il s’est endormi seul ? Pourquoi attendre son absolution, qui arrive quand il vous demande, dans un sourire sincère « Alors, c’était sympa ? »

Cela vient-il de votre éducation, de votre milieu ? Ni votre mère ni vos sœurs n’ont ce problème… De votre couple, alors ? Il faut admettre que vous avez tendance à interpréter chaque respiration de votre amoureux comme un soupir de reproche exaspéré. Dont vous vous rongez les sangs. Peut-être est-il temps d’oublier qu’un jour, alors qu’il était seul à Paris et qu’il vous restait trois mois de fiesta débridée dans votre coloc madrilène, il vous a avoué que ça lui foutait légèrement les boules de vous entendre raconter par le menu chacune de vos soirées…

C’était bien légitime, et cela fait quand même huit ans. Le contexte a légèrement changé, depuis. Et voilà que votre mère vous propose de passer une semaine de vacances chez elle. Bonne idée, mais… Vraiment ? Ça ne t’embête pas ? Bon, alors d’accord…

Peut-être aussi… C’est une idée, mais qui sait… Cela peut venir du fait que vous êtes folle de lui, et que quitte à passer du bon temps, vous préférez le faire avec lui !