breeIl vous est arrivé un truc.

Pas un truc de dingue, pas même un truc bizarre, non, juste un truc.

Maintenant que vous habitez à la campagne, vous avez un voisin qui vous file des légumes. Jusqu’ici, tout va bien, non seulement c’est bon pour l’équilibre de toute votre famille, mais en plus, c’est économique. Sans compter que ça fait bobo ; quoi de plus branché et faussement rebelle, à l’ère de l’ouverture d’un MacDo par seconde, que de manger des légumes du jardin ? Même si ce n’est pas le vôtre, ça compte aussi.

Alors l’autre jour, votre charmant voisin vous a donné un potiron. Ou potimarron. Bon OK, vous ne savez pas trop, mais c’était ce truc orange qu’on utilise habituellement pour Halloween… Or comme Halloween, c’est dans longtemps, vous avez décidé d’utiliser cette courge pour votre alimentation. Après l’avoir observée pendant plusieurs jours, vraisemblablement pour vous imprégner de sa présence, vous vous êtes lancée. Non sans avoir au préalable consulté Internet, comme à chaque fois que vous cuisinez, pour y lire en diagonale quelques recettes de soupes au potiron. Ou au potimarron…

Armée d’un couteau de boucher (la bête a la peau dure) et de quelques ingrédients supplémentaires, vous réalisez un somptueux velouté. Il est beau, il est bon, et c’est vous qui l’avez fait. Vous vous demandez vaguement ce qu’Elisabeth Badinter penserait de votre fierté à avoir passé deux heures sur un potage, mais l’heure n’est plus aux autodafés de soutien-gorge, et vous vous sentez satisfaite.

Le soir venu, vous réchauffez la fameuse soupe pour la servir à vos charmants bambins. Qui, vous le savez d’avance, la recevront avec toute l’ingratitude due à leur essence même d’enfants. Pendant ce temps, vous les sortez du bain, les mettez en pyjama… et redescendez d’un coup, en courant, éteindre le feu sous la casserole. Trop tard. Vos cinq litres de velouté ont goût de brûlé. Bien sûr, vous êtes verte, et par dépit, vous forcez vos enfants (c’est un peu de leur faute, non ?) à en ingurgiter un peu quand même.

Mais c’est le lendemain que le truc vous arrive. Constatant avec effarement que le fond de votre récipient est noir et inlavable malgré une nuit à tremper, vous demandez à votre meilleur ami (Google) comment le nettoyer. Et il vous donne une recette magique, composée de vinaigre blanc et de bicarbonate de soude… Vous obéissez, faites bouillir, nettoyez… Pas mal, la cocotte est sauvée.

C’est alors que vous en prenez conscience. Vous aviez DEJA chez vous, et n’avez même pas eu besoin de les chercher, du vinaigre blanc ET du bicarbonate de soude. Les composants indispensables à toutes les astuces « de grand-mère »… Et pire, vous aviez acheté le second pour faire blanchir le chou-fleur !

Mais comment diable en êtes-vous arrivée là ? Vous, la racaille des cuisines, la reine des bordéliques, l’anté-desperate housewife ? Vous faites du potage vous-même, nettoyez des casseroles brûlées et savez même ce que ça signifie que de « faire blanchir » du chou-fleur ! Il ne vous reste plus qu’à trouver sur Google comment récurer la friteuse, et vous serez au point…

Attention ma petite, vous tournez mal… De là à raconter sur un blog vos problèmes de bonne ménagère, il n’y a qu’un pas !