sac-poils-de-chevre-kate-moss-longchampVous en avez toujours été persuadée, l’épilation à la cire était forcément une torture au Moyen-Âge. Et si ce n’est pas le cas, avis aux dictateurs qui ne se sont pas encore fait zigouiller par Barack : c’est une horrible souffrance qui, dès la première bande (de cire, donc, c’est comme ça qu’on dit dans le jargon), vous permettra d’arracher à vos prisonniers autant d’aveux que de poils…

Le problème, c’est que vous êtes sortie de cette période de votre vie, durant laquelle garder vos poils était un symbole fort de votre refus à vous laisser formater par le diktat des normes patriarcales… Aujourd’hui, vous essayez de trouver des combats féministes qui piquent moins les jambes que l’esprit. Et juste parler de poils, de règles, de visites chez le gynéco, de grossesse et d’IVG, surtout à des garçons, vous vous dites que ça fait sûrement aussi bien avancer les choses. Parce que LA femme glamour, celle qui ne fait jamais caca, tombe ainsi de son piédestal. Et en plus, ça ne file pas vos collants.

Bref, maintenant que vous êtes une femme, une vraie, qui avec l’âge et les magazines féminins avez réussi à apprivoiser et assumer votre féminité, vous enlevez vos poils. Et vous êtes même devenue tellement femme, que quelquefois, vous partez en soirée avec du rouge à lèvres dans votre sac à main, parce que vous avez compris qu’au bout de quelques verres, celui-ci s’estompe. Sauf qu’au bout de quelques verres, vous êtes bourrée et avoir les lèvres de Monica Bellucci est bien le cadet de vos soucis…

Le problème est qu’à l’attaque de votre neuvième (et dernier, normalement) mois de grossesse, il vous est absolument impossible d’apercevoir votre jardin secret. A moins de passer devant un miroir, et de vous rendre compte alors qu’en lieu et place du jardin, se trouve désormais une véritable jungle. Vous ne seriez pas vraiment surprise d’y trouver des guérilleros armés…

Alors, comme vous êtes drôlement altruiste avec les gens qui auront prochainement accès à cette zone de votre anatomie, vous avez pris rendez-vous chez l’esthéticienne. Concernant votre amoureux, vous lui laisserez bien sûr croire que cette partie de jardinage intime lui est toute dédiée, mais c’est bien sûr intéressé : le fait est qu’à partir de maintenant, vous n’avez qu’une envie, c’est d’accoucher. Or tous les moyens seront bons pour l’inciter à accomplir son devoir conjugal, autrement nommé déclenchement à l’italienne, qui en d’autres temps, a fait ses preuves…

Quant au personnel hospitalier qui se chargera de votre mise bas, vous avez beau savoir qu’il en a vu d’autres, et qu’aucune pilosité pubienne n’a jamais été suffisamment dense pour empêcher un bébé de sortir, vous vous dites quand même que l’obstétrique n’empêche pas l’esthétisme. Evidemment, vous n’êtes pas intrinsèquement convaincue que payer quelqu’un pour vous infliger cette souffrance, et l’insulter mentalement tout au long de la séance était absolument nécessaire, mais au moins, vous êtes maintenant absolument certaine que vous n'êtes pas faite pour souffrir et que vous allez choisir la péridurale.

De plus, vous n’aviez pas eu cette attention pour la naissance de votre fils, qui a depuis lors un terrible cheveu sur la langue. On ne sait jamais...