sweepme_img2_448Telle Monica Geller, je numérote et range par ordre chronologique mes dossiers de photos numériques. Ils sont sans doute la plus fiable mémoire de ma vie familiale. Avant le numérique, je faisais des albums, également datés. Autant dire que je ne suis pas tout-à-fait prête à franchir le pas du classement par thème…

Alors, si j’en crois ces archives personnelles, ça fait deux ans. C’était en Thaïlande et on y a passé quinze jours. Nous étions six, il a fait beau, on a ri comme des bossus, ce fut vraiment idyllique… Mais ça fait quand même deux ans. Oh, bien sûr, depuis, il y a eu des tonnes de soirées avec baby-sitter, quelques week-ends en solo, la moitié du ménage gardant la marmaille pendant que l’autre prenait l’air, et on ne peut pas dire que notre vie de couple ait eu à souffrir de la nécessaire implication résultant de la procréation.

N’empêche, même si c’est passé vite, deux ans sans se retrouver tous les deux, sans les enfants, plus de 24 heures…  Dans l’absolu, c’est quand même long, non ?

Eh bien rassure-toi, retrouve ta sérénité ma poulette, tu vas l’avoir ton week-end. Avec hôtel, soleil et plage… Et même les amis, ou plutôt la famille, mais comme nous, en famille on se fend la gueule, c’est peu ou prou le même topo.

Et je le sais, dès que j’aurai mis un pied dans l’avion, que je cesserai de penser aux potentiels coups de cafards de mon grand garçon de presque cinq ans. J’arrêterai aussi d’imaginer ce qui peut se passer dans la tête de mon bébé de quatre mois, qui n’a encore jamais quitté mes bras… Est-ce qu’elle va pleurer tout le week-end (au risque de nous griller définitivement auprès des amis qui les gardent) ? Est-ce qu’elle va bien manger, bien dormir, rire et gazouiller ? Est-ce qu’elle va nous faire la gueule quand on va rentrer ? Quatre mois, c’est quand même petit pour un abandon délibéré de deux jours. Dans certaines familles, je serais sûrement pendue haut et court avec les tripes des mères indignes lapidées avant moi ! Et, une fois partie, j’arrêterai aussi d’angoisser pour la grande qui… Ah non, rien, pour elle je ne me fais aucun souci.

En revanche, pour les potes qui jouent les baby-sitters… J’espère que ça ne va pas être trop lourd, d’avoir les nôtres en plus des leurs, ils vont sûrement les trouver envahissants, mal élevés, bruyants… J’aurais peut-être du les prévenir que mon fils mange ses crottes de nez ! Et comment vais-je pouvoir continuer à faire des soirées pas kids friendly at all la tête haute ?

Non, évidemment, je le sais, tout va bien se passer. Ça fait deux ans, mais je me connais, je vais très vite parfaitement réussir à ne plus penser à la gestion de l’intendance domestique. Aux couches, aux devoirs, aux dîners équilibrés… C’est à peine si je me souviendrai que j’ai des enfants.

Je n’ai plus qu’à profiter. De mon amoureux, du soleil, et du repas servi  dans l’avion. Que je ne débarrasserai pas.