27641995Un jour férié, quand il fait gris et pluvieux, quand les enfants ont la morve au nez et que les parents sont fatigués, c’est franchement pas terrible. On n’a rien contre glandouiller à la maison, et allez, monter une armoire ou ranger une chambre histoire de dire qu’on n’a pas perdu la journée, mais ça reste mou. Lascif. Pas franc du collier, plutôt du genre à tendre vers le spleen. Une angoisse du dimanche soir avant de retourner à l’école sans avoir fait ses devoirs, mais qui risquerait de durer toute la journée…

Alors, au lieu de tourner en rond pour m’apercevoir, le soir venu, que finalement je n’aurai rien fait, j’ai préféré me remettre au lit, et calée sur trois oreillers, j’ai ouvert mon bouquin. L’échappée belle, je l’avais déjà lu, mais on m’a offert la nouvelle version pour mon anniversaire, celle dans laquelle Anna Gavalda a ajouté quelques pages…

Alors, plutôt que de lire seulement le bonus sans bien me souvenir de ce qui précédait, j’ai recommencé depuis le début. Relire un bouquin, je ne fais jamais ça, j’ai l’impression de perdre du temps. Mais qu’avait-il de si précieux, mon temps, sous la grisaille ? J’ai donc relu, et je suis repartie faire l’école buissonnière avec ces quatre frères et sœurs. J’ai presque les mêmes, alors j’y étais un peu… Et ce mariage chapeauté dont ils ont fui, nous y étions aussi, et je suis sûre qu’une échappée tous les quatre, pour une journée entre parenthèses, ne leur aurait pas déplu à eux non plus ! Bon, sauf qu’avec une des sœurs dans le rôle de la mariée, la situation aurait pu s’avérer un peu plus gênante, d’accord…

 Et dans mon livre, il faisait beau, alors je ne relevais pas trop souvent la tête… Je me suis vraiment échappée, et ça m’a fait du bien. J’ai fui la pluie, bien sûr, mais j’ai aussi fui les factures et les couches. J’ai fui encore mon portable volé, envolé avec toutes mes photos, contacts et agenda. Et les démarches qui s’ensuivent. J’ai surtout fui, après une présidentielle usante, le triomphalisme satisfait des uns et le catastrophisme rageur des autres, et je ne sais pas lesquels sont les plus fatigants. (D’ailleurs je fais grève de toute discussion politique jusqu’à nouvel ordre.)

J’ai fui et c’était vraiment bon, ma tête bien enfoncée dans le sable, je me suis roulée dans l’herbe chaude qui me chatouillait les orteils.

J’ai fui et puis je suis revenue, et cette échappée ensoleillée m’a donné du baume au cœur. Juste le petit regain de légèreté positive qu’il me fallait pour repartir avec un regard moins cynique. Et pour trouver que même les couches sentent bon…