VenusWillendorfJ’adore les femmes.

J’ai de nombreuses amies, j’ai même une mère, deux sœurs et des cousines, et nous parlons souvent. Beaucoup. Informatif, déconne, pratique, sérieux, futile, débat d’idées, conseil, témoignage, coup de gueule, existentialisme… tout y passe, et c’est toujours intéressant. Instructif, agréable ou drôle, parfois tout à la fois.

J’adore les filles, je les trouve le plus souvent intelligentes, belles et drôles, leur compagnie me fait toujours du bien. Attention, j’aime aussi les garçons, loin de moi l’idée de faire de la ségrégation, et je trouve même qu’une mixité bien équilibrée participe avec brio à réussite d’une soirée. N’empêche, c’est sûrement un brin misandre, mais je suis quand même beaucoup plus à l’aise avec les filles. Il y aurait, paraît-il, une question de séduction qui s’allumerait en présence de mâles, et ferait partir le naturel au galop. Mouais. Sauf que j’ai beau être plutôt hétéro, vu mon parcours, il y a quand même des filles que je trouve sexuellement attirantes, et des mecs avec qui je pourrais faire pipi la porte ouverte sans la moindre gêne, donc cette histoire de séduction, ça ne tient pas la route.

Je crois que c’est plus tribal, je me sens bien avec mes semblables.

Du coup, rien ne m’énerve plus que ce discours selon lequel « les filles entre elles… fourbes… histoires… compliquées… hypocrites… commères… au boulot l’ambiance est bien plus saine entre hommes ! ». Argh, rien qu’à l’évoquer j’ai envie de coller des beignes ! Et ces propos sont bien souvent tenus par des femmes, qui encourent moins de risques de se faire taxer de sexistes… Dans mon dernier boulot en date, j’ai rencontré une femme avec de nombreuses années d’usine derrière elle, et qui avait pour principe de ne pas faire la bise aux autres femmes. Parce qu’elle ne les aimait pas, exactement pour les raisons foireuses ci-dessus. Si ça n’est pas de la misogynie manifeste ! Et tout le monde respectait sa théorie, trouvant qu’elle avait le mérite d’être franche.

J’aurais bien voulu prendre le temps de lui expliquer que si certaines femmes devenaient comme elle les décrivaient, c’était uniquement de sa faute. Et de celle de tous les acteurs du déterminisme qui font en sorte qu’on devient ce qu’on attend de nous. Qu’elle avait le pouvoir de renverser les codes, qu’elle y gagnerait en découvrant la richesse que pouvaient lui apporter les autres femmes. Que jouer si bien le jeu de la division, c’était accepter la domination masculine, en redemander même. C’est ce que font, je crois, les filles qui refusent les codes trop « féminins ». Critiquant trop de féminité, se vantant de leur aisance dans les univers « masculins », reprochant aux autres filles leur niaiserie face à une boîte à outils, et leur fascination devant une paire d’escarpins… Elles cherchent par là-même la reconnaissance des hommes, quitte à dénigrer leur propre nature. Dommage, on ne risque pas d’avancer vers l’égalité de cette manière. Parce que l’égalité, ça veut non seulement dire que dévisser un siphon bouché est à la portée de tout le monde, tout comme repasser une chemise (objectivement, c’est plus facile pour le siphon). Et qu’un évier débouché compte autant qu’une chemise repassée.

Enfin bref, je kiffe les hommes, c’est certain, mais vraiment j’adore les femmes.