paradis_man212A vrai dire, « écrivain », j’aimerais bien que ce soit mon métier. Je trouve que ça fait plus classe que « assistante ». Mon côté snob, peut-être…

Mais c’est compliqué, d’être écrivain. D’abord, parce qu’il faut écrire. Poser ses fesses devant un ordi et se creuser la tête à inventer une histoire, alors qu’il y a D&Co à la télé… Pourtant il semblerait qu’un certain nombre de personnes y parviennent, si l’on en croit le nombre de manuscrits envoyés chaque jour aux maisons d’édition.

Cette phase-là m’a déjà semblée extrêmement ardue, tant les activités dans une seule journée me sont difficiles à prioriser. Entre l’utile et l’agréable, je ne sais jamais par quoi commencer. Pourtant ça, enfin, c’est fait. J’ai trouvé une histoire, je l’ai écrite, au bout d’un moment je me suis dit qu’il y avait assez de pages pour que ça ressemble à un petit roman. Alors j’ai affirmé, non sans peur du ridicule mais avec la certitude de devoir assumer, pour une fois, mes choix, que j’avais écrit un livre.*

Mais ça ne suffit toujours pas pour noter « écrivain » en face de « profession de la mère » sur les fiches d’inscription à l’école primaire des enfants. Si l’on en croit Rue89, un seul manuscrit sur 6000 envoyés aux maisons d’édition est publié. Alors évidemment, même si mon petit panel de lecteurs ne m’a pas envoyée sur les roses, même si ma mère me décernerait le Goncourt sans une hésitation (et ma mère est forcément d’une objectivité redoutable en ce qui concerne les accomplissements de sa progéniture), il faut quand même être meilleure que 5999 personnes… C’est sans doute plus facile que de gagner au loto, mais la probabilité reste maigre, même en dégottant un solide piston.

Donc là, le programme, c’est imprimer mon manuscrit plein de fois, l’envoyer à tort et à travers, et arrêter de ne penser qu’à ça comme une obsessionnelle compulsive en attendant, parfois pendant plusieurs mois, des réponses. Je vais pouvoir m’occuper de mon blog, planter mes tomates, pourquoi pas, qui sait, laver du linge… Je devrais commencer par aller acheter de l’encre.

Et puis si ça ne donne rien, je pourrais toujours dédicacer mon manuscrit à ma mère.

 

*genre j'ai fait ça les doigts dans le nez : en fait ça m'a pris plus de deux ans et on m'a bien aidée