l-alcool-voila-l-ennemi4Voilà quelques semaines, Gégé, notre prof d’aquabike à mes copines et moi, nous a tenu un discours qui m’a laissée à la fois honteuse et sceptique. (Oui, petite jouvencelle aux seins fermes, quand tu auras passé la trentaine, et ça t’arrivera sois-en certaine, peut-être même auras-tu pondu quelques gosses, alors toi aussi tu en seras réduite à t’inscrire en meute – pour te donner du courage – au cours de zumba ou d’abdos fessiers avec les vieilles du quartier, afin de pouvoir regarder ton gras du bide dans le blanc de l’œil avec un ersatz de bonne conscience.)

Gégé donc, nous expliquait combien il était pitoyable de voir la jeunesse désœuvrée picoler sur les plages bretonnes jusqu’au coma éthylique. Gégé trouvait que si au moins on leur ouvrait des boîtes de nuit, ils danseraient un peu au lieu d’inventer des jeux à boire. Et je ne peux qu’abonder dans le sens de mon Gégé, moi-même je ne trouve ma soirée vraiment réussie que si j’ai beaucoup dansé. Avec les autres convives, de préférence, mais si fumer dehors leur convient mieux, je me contente de Larusso comme partenaire.

Quand Gégé s’est étonné devant le constat que certains n’étaient pas capables de s’amuser sans boire, j’ai jeté un coup d’œil discret à mes copines : l’une se rappelait sans doute sa dernière chute sur le carrelage, sans obstacle apparent, l’autre son vomi sous la balançoire (un chat aura été malade, diront les parents le lendemain), la troisième sa séance de tatouage au marqueur, et j’en passe. J’en passe involontairement, d’ailleurs, puisque dans ces cas-là je ne me souviens pas de tout. *

J’avais un peu honte, évidemment, parce que s’amuser sans boire, c’est vrai que je trouve ça difficile. Je sais que c’est possible, je connais des non-consommateurs qui sont systématiquement les derniers couchés, et ça m’est arrivé aussi. Mais il faut bien avouer que les autres buveurs sont tellement lourds quand je n’ai pas bu, alors qu’ils peuvent se montrer vraiment désopilants dès lors que j’ai un coup dans le nez !

Loin de moi l’idée de faire l’apologie de l’alcool, et rien ne m’effraie plus que l’addiction du verre quotidien (si, celle des deux verres, peut-être). L’alcool tue des gens sur la route par centaines, il attaque le foie et les neurones, et il peut rendre très con et agressif. Le viol de beuverie devrait d’ailleurs être l’objet d’une étude de l’Insee. Je sais tout ça et ça me fait peur, donc pas question de dire qu’avec la picole, toujours on rigole. En plus, à tous les coups je risque une amende…

En revanche, qu’on ne vienne pas m’affirmer que l’ivresse est encore un symptôme de la décadence de nos sociétés modernes : tous les sages de toutes les tribus les plus primitives passent leur temps à se défoncer la gueule en fumant des tas d’herbes improbables… Certes, quelques mojitos ne m’ont encore jamais ouvert les portes de la perception, et mon niveau de sagesse n’atteint pas forcément des sommets, néanmoins mon degré de désinhibition me permet de parler avec tout le monde et de danser beaucoup. Un peu comme une chagasse, soit, mais au moins pendant ce temps-là je ne me sers pas de verre.

Sans compter que l’alcool, ça fait grossir.

Heureusement, pour ça, j’ai l’aquabike…

*Toute ressemblance avec des évènements réels serait pure coïncidence.