freedent1ok-640pxl-c (Illustration Astrid M.)

Plus que deux semaines avant les grandes vacances. Ça va donc faire deux ans que j’ai arrêté de travailler pour m’occuper de mes enfants, c’était en été (non, en réalité j’ai plutôt arrêté pour écrire un livre, mais comme ça fait un peu troubadour gauchiste, restons sur la version officielle). Deux ans ! A brûle pourpoint j’aurais dit quelques mois seulement…

Deux ans que, malgré l’école, la garderie et mon ordi, ma disponibilité est totale pour mes trois lardons. Deux ans que mes semaines sont rythmées par leurs besoins et leurs envies, leurs réveils nocturnes et leurs histoires d’école (souvent passionnantes, il faut bien le reconnaître), deux ans que je m’adapte à eux, autant que je m’adapterais à un parton exigeant si je choisissais d’en retrouver un.

Attention, je kiffe, hein ! Ca demande une certaine dose d’abnégation, mais ça me convient parfaitement, dans la mesure où je ne suis pas leur esclave ; d’ailleurs la métaphore du patron est assez malvenue, c’est bien moi le chef, ouh là là, ne vous méprenez pas !

Il n’empêche que dans deux semaines arrivent les grandes vacances et j’appréhende un peu : c’est ma période de rush à moi. Comme pour un autre boulot, je sais qu’il va falloir, tant que je serai seule avec eux, être toujours à 100 %. Ce sera assez excitant, plutôt stimulant mais aussi bien fatigant. Evidemment, les surveiller dans une chaise longue ou dans une piscine en papotant avec ma mère, ça reste des vacances pour tout le monde, dans l’idée. Mais ils continueront tous les trois à avoir besoin d’être nourris, changés, lavés, couchés avant 21 heures (oui, l’été je suis un peu laxiste. Je pousserai jusqu’à 20 heures pour la petite…).  Alors je me lâcherai sur le rosé et la tapenade, mais pas trop parce que le lendemain… Faudra gérer les enfants.

Bon, j’espère que je n’ai pas l’air de me plaindre tout le temps (comme , , ou ) de ma condition de femme au foyer, que j’ai quand même choisie (mais que je n’aurais peut-être pas choisie si mon boulot salarié était passionnant et bien payé, soyons honnêtes !), mais cette ambivalence est parfois difficile à faire comprendre, alors qu’elle est si logique pour tout le monde : ma situation, tout comme la vôtre, parfois elle est cool, mais parfois elle est chiante.

Plus que deux semaines avant les grandes vacances, et ce qui m’inquiète vraiment, c’est qu’entre les enfants et le rosé, je me demande bien quand je vais réussir à bosser. Je parle de mon vrai boulot rêvé, celui que j’aime mais qui ne me rapporte pas un kopeck, mon boulot que je suis encore la seule à considérer comme tel, mon boulot de troubadour.