jackson-five1

J'ai lu ce matin qu'on observait une recrudescence de la syphilis depuis une dizaine d'années.

(Surtout dans le Finistère, sans vouloir balancer.)

Il existe une autre forme de maladie honteuse quand on a la bonne idée d'élever des enfants, ce sont les poux. Et je dois bien avouer que j'ai eu maintes fois l'occasion d'observer ces charmantes petites bêtes, étant donné que dans ma famille, l'ensemble des tignasses n'a rien à envier à celles des Jackson Five.

D'ailleurs je ne sais pas si l'épaisseur et la densité de cheveux les attire particulièrement, en revanche je suis certaine qu'une fois qu'ils y sont, ils kiffent. Et ça devient alors extrêmement difficile de les localiser pour les éradiquer.

La première fois, ma fille aînée n'allait pas encore à l'école. J'ai vu ce petit truc noir sur sa tête, j'ai paniqué, j'ai appelé ma mère. 

Au début j'utilisais des produits qui ne risquaient pas de leur attaquer les neurones, des trucs doux et chers pour ne pas leur traumatiser le cuir chevelu, à mes gosses… Et puis c'est devenu tellement régulier qu'il a bien fallu, à un moment, que ça devienne efficace. J'ai mis des lotions, j'ai fait des shampooings, plusieurs semaines de suite, à heures fixes, pour bien niquer toutes les lentes… J'ai passé à la machine tout ce qui avait pu entrer en contact avec leur tête, j'ai vaporisé des trucs sur les canapés, les matelas, dans la voiture… J'ai acheté des peignes de compèt', je leur ai dit avec conviction que non, ils n'avaient pas mal, voyons, je ne tire pas du tout…

J'ai fini par envisager très sérieusement de leur frictionner la tête au Baygon. Je me suis contentée du Prioderm, que j'achète toujours par lot, entreprise à laquelle j'envisage de demander de créer une carte de fidélité, juste pour moi. Quand on entre dans la salle de bain après qu'ils aient eu leur traitement, ça pique les yeux, on peut à peine respirer. Mes enfants pourront aller manifester tranquilles, je crois que je suis en train de les insensibiliser aux grenades lacrymo.

Mais toujours ils reviennent, les poux, comme des zombies, increvables. Je les hais.

Surtout quand ils finissent par monter à l'assaut de mon propre crâne.

J'aurais préféré choper la syphilis, tiens ! Au moins ce en sont pas mes cheveux que j'aurais eu besoin de couper court…