IMG_8223On arrive à la fin.

C’est un peu cafard*, la rentrée. Même quand on ne rentre pas vraiment, on est prise dans l’ambiance. Retour au boulot, retour du rasoir quotidien pour lui (abandon pour moi), l’école, les nouvelles maîtresses et le cortège de fiches à remplir, les activités à trouver parce qu’il paraît que c’est bon pour leur équilibre, les conduites, la halte-garderie, le réveil qui sonne, surtout, on s’était quand même habitué à deux bonnes heures de sommeil en plus tous les matins. Il va peut-être falloir penser à se coucher plus tôt, et puis à boire moins de rosé.

C’est cafard aussi parce que c’était bien, les vacances : du soleil, des copains, des baignades, du dépaysement, de la famille, encore du soleil. On n’avait pas tellement de rythme, et bien peu de contraintes. Détente cordiale, que du bonheur. Sans compter que chez moi, on n’est jamais si proche de la parité du partage des tâches que pendant les vacances en famille.

C’est cafard, la rentrée, et pourtant… Lorsque l’assemblée se plaint de devoir retourner au turbin, vraiment, considérant d’une seule voix que c’est passé trop vite, je lance à ma voisine un regard empli d’une sournoise complicité. Elle aussi est en congé parental. Hé hé… Elle aussi tait ce soulagement empreint d’une légère honte… Chez elle aussi la maison va se vider. Alors le jour de la rentrée,  elle va peut-être se faire un thé, enfin seule dans son jardin, et même prendre un bain, si ça se trouve, avec de la mousse et de la musique.

Evidemment, ça reste entre nous. A longueur d’année, je mets tellement de conviction à asséner à qui veut l’entendre que ce n’est pas parce que je suis à la maison que je ne fous rien, et que je n’ai pas une seconde à moi… Je ne voudrais pas ruiner cette virulente campagne de communication à cause d’un aveu ébruité. Ma satisfaction à me retrouver bientôt seule chez moi face à la morosité ambiante a quelque chose d’un peu pervers. Presque lubrique. Je vais avoir du temps. Pour moi. Toute seule. Je vais peut-être même me faire les ongles, tiens.

Ou assurer enfin le come back blogesque…

 

 

*Alain Chabat dans Papa (un film extraordinaire), il dit « c’est cafard ». Alors je répète.

Hey les lovers !... Retrouvez-moi lundi 26 août à 11h50 sur France Bleu Breizh Izel pour parler de ce sujet dans Gaël Magazine (ne loupez pas le coche, ça dure 5 mn !), podcastable sur le site de la radio.