2005_08_10_sos_blog

Là, vraiment, je sèche.

Je raconterais bien les ambivalences qu’impliquent la condition de femme au foyer, entre plaisir coupable et manque de reconnaissance, mais j’en ai déjà parlé mille fois et depuis, je ne me sens pas mieux  comprise face aux gens qui ont un « vrai » boulot, eux, au moins. Donc c’est peine perdue, je laisse tomber.

Je donnerais bien mon avis sur la question des soirées avec ou sans les enfants, mais la dernière fois que j’ai avoué sur Twitter que je les préférais au lit, je me suis faite salement rembarrer et j’ai pleuré toute l’après-midi. Si j’en rajoute une couche, j’ai peur de perdre encore quelques amis. Etant donné que ceux qui me restent me traitent déjà d’ayatollah, si au contraire je mets de l’eau dans mon vin, on ne me croira même pas. Ça ne sert à rien, j’abandonne.

Je parlerais bien de mes règles, de mon utérus et de ma coupe menstruelle, parce que c’est la grande mode sur les blogs féministes, ça fait un peu fille qui s’assume sans avoir peur de choquer le bourgeois, mais mes règles, j’en ai déjà parlé à la télé. J’espérais que m’insurger contre le fait qu’on envoie des mecs dans l’espace, mais qu’on ne soit pas foutu d’enrayer cette putain de dépression pré-menstruelle ferait avancer la recherche. Je croyais que ça aiderait à lever le tabou, à déniaiser le patriarcat, non vraiment, j’avais de belles ambitions… Finalement ça ricane de moi dans les chaumières, parce que les règles, télé ou pas, c’est toujours aussi dégueulasse (à part sur les blogs féministes), et les miennes, globalement, on s’en fout. Ça me saoule, je lâche l’affaire.

J’évoquerais bien les difficultés qui peuvent être rencontrées lors de l’écriture d’un roman, les 97% du cerveau occupés par ça en permanence, les lettres de refus et les divers conseils, les faux espoirs et les gros ras-le-bol lorsqu’on décide de s’y remettre pour remanier entièrement la structure et le fond alors qu’on y a déjà passé plus de deux ans, l’angoisse du temps que ça peut prendre avec seulement quelques matinées de boulot par semaine quand l’échéance du congé parental est fixée… Mais si je ne le termine jamais, ou si je ne suis jamais publiée, ce qui est statistiquement plus que probable, je regretterai très fort de m’être autant dévoilée, parce qu’alors je retrouverai un boulot moisi et j’aurai bien l’air d’une truffe. Ça craint, je la ferme.

Qu’est-ce qui reste ? Mon jardin, mes enfants, mon amoureux, mes envies de vacances ? Mon nombril et moi ? Je pourrais ratisser un peu plus large… La crise, le mauvais temps, la pollution et la télé-réalité ? Mouais, quel que soit le sujet, je ne suis pas sûre d’être très positive… Allez, je reviens la semaine prochaine, ça ira mieux.

A tous les coups je vais avoir mes règles.