2012 juillet vacances baudry 150

Bien sûr, ça peut avoir l'air poétique, rigolo, sympathique.

Ça n'en demeure pas moins une posture théorique, utopique et puérile. Immature.

Devenir adulte serait obligatoire. Obligatoire de payer un loyer, des impôts, des courses, un abonnement à internet, des cartables tout neufs. Obligatoire alors de travailler, d'être responsable, de boire du café, de tenir ses engagements, de voter à gauche ou à droite, de manger des haricots verts (de son plein gré).

Pourtant...

Pourtant j'ai découvert qu'on pouvait très bien faire tout ça - parce qu'il n'est pas non plus obligatoire d'être marginal tout le temps pour faire croire qu'on est plus vivant que les autres -, on peut très bien avoir un vrai travail, prendre des rendez-vous à la banque pour renégocier un prêt, voire même comprendre plus de 75% de ce que dit la banquière, et NE PAS être adulte vraiment. Là, quelque part au fond de sa tête ou de son coeur, savoir qu'on fait semblant, que tout ça n'est qu'un jeu, même si on joue avec du vrai argent ou sa vraie santé (d'où les haricots verts), c'est pour ça qu'on peut jouer soigneusement parfois, ou passionnément même, ça reste du pipeau, du pas grave, du pas sérieux.

Je croyais que je finirais par grandir, qu'il faudrait bien de toutes façons, qu'à force de remplir des documents administratifs ça rentrerait... En plus avec les enfants, il faut bien des adultes pour dire non au Coca le soir et faire réviser les tables de multiplications...

Ben non, en fait, c'est pas obligé.

C'est bien de réviser ses tables, on peut même gronder et dire des phrases comme "Parce que c'est comme ça !" et pourtant...

Il est possible, j'en suis persuadée, de garder en soi une folie, un espoir, une innocence, un émerveillement, une confiance...

Et je vous assure que là, c'est pour de vrai, c'est du sérieux. Je suis tellement heureuse d'avoir COMPRIS que ce n'était pas juste de la littérature ou du cinéma pour faire rêver les gens en manque de souvenirs d'enfance ! Juste de l'utopie sympathique et puérile. J'ai rencontré des adultes de 30 ans et des enfants de 60, et ça m'est apparu comme une révélation. La différence n'est pas toujours visible à l'oeil nu, il peut falloir un certain temps pour qu'elle n'éclose, au détour d'une conversation sur le sens de la réussite, le goût discret du pouvoir ou l'imperceptible mépris de la naïveté... Les vrais adultes peuvent se montrer très marrants et les faux enfants parfois relous, attention aux jugements rapides, on peut confondre !

Mais quel soulagement quand je me suis rendue compte que j'avais été élevée par des enfants déguisés en adultes et que j'avais le droit, et même le devoir, si je veux que mes enfants le restent, et demeurent bons, uniques, passionnés, et qu'il ne leur pousse pas de certitudes, de ne JAMAIS devenir adulte.

Et donc j'ai un travail d'adulte ici (enfin, plus ou moins), mais j'ai aussi un rêve d'enfant là. RDV jeudi 10 à 20h pour l'acheter tous en même temps, qu'il grimpe d'un coup dans les classements et devienne alors accessible au plus grand nombre. Si vous aimez le blog (surtout , ou ici), normalement vous aimerez le bouquin. N'hésitez pas, faites-vous plaisir, partagez, ça me fera plaisir aussi. N'empêche, j'ai peur, j'espère que vous l'aimerez...