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Je me suis inscrite à la salle de sport. La salle à laquelle tu SAIS que tu vas aller trois fois en tout et pour tout, même si tu as pris un abonnement d'un an. Parce que tu croies naïvement que si tu paies, ça va t'obliger à y aller… Et puis avec les copines, vous allez vous motiver ! Mais oui, bien sûr.

De toute façon, je ne pouvais plus faire autrement : la dernière fois que j'ai maigri, genre comme il y a 10 ans, après j'ai eu un autre enfant. 

Alors j'ai regrossi. 

Comme dans 10 ans. 

Bref, je me suis inscrite à la salle de sport.

Pour commencer, il faut faire un bilan. Taille, poids, nombre de clopes par soirée, gras du cul… Mes copines m'avaient prévenue de mettre une culotte propre (au cas où d'habitude elle serait dégueulasse) parce qu'on allait se faire mensurer régulièrement pour voir si on ramait bien. Sans rendez-vous chez l'esthéticienne, cas d'urgence donc, je m'étais trouvée dans l'obligation de me raser le maillot. Grosse et blanche, d'accord, mais pas poilue ! 

J'étais en revanche passée chez décathlon, parce que ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas fait de sport, que je ne trouvais plus mon survêtement. J'aurais peut-être dû chercher sous mon oreiller.

Mes copines (vraiment sympas) m'avaient aussi prévenue pour le test à l'effort, histoire d'évaluer mon niveau. Autant dire que je n'en menais pas large, mais je me disais que cette méthode - quelque peu humiliante - aurait forcément le mérite d'être efficace.

Face à l'animateur sportif, une fois dans son petit coin spécial "bilan" ouvert à tous les vents, du moins ouvert sur la salle et tous ses abonnés, j'ai compris dans un éclair de lucidité fulgurant, quoique tardif, que mes copines s'étaient bien foutues de ma gueule (les pouffiasses). Ni effort, ni culotte... Juste une balance. 

Donc merci les filles, maintenant ça pique.

Mais j'étais venue en survêt. J'étais donc dans l'obligation, pour ne pas avoir l'air ridicule, de grimper sur les machines qui me faisaient face. Il a fallu courir et pédaler, mais surtout faire semblant de comprendre le fonctionnement de ces engins ultramodernes.

Après avoir transpiré une bonne demi-heure, je suis descendue rouge écarlate d'un tapis roulant duquel je faillis me rétamer telle une vieille otarie bourrée, comme en sortant du manège ou d'un bateau qui tangue. J'avais la tête qui tournait. Et tellement chaud et soif... mais évidemment pas de bouteille d'eau. Heureusement, miracle et joie, j'aperçus sur plusieurs petites tables des vaporisateurs et des distributeurs de mouchoirs. J'en empoignai avec délectation pour essuyer mon front dégoulinant, et m'aspergeai la figure d'eau. Ouf.

Pas dégoûtée, et même avec une certaine fierté, je décide alors de tester le rameur, puis le vélo... Je me vois déjà sur la plage l'été prochain, mon Instagram débordant de selfies nombrilistes... Pour le moment, ça me brûle un peu le visage, quand même. Je manque vraiment d'entraînement ! Au moment de partir, le coach s'approche pour m'expliquer une dernière chose : pour une meilleure hygiène de la salle, c'est bien si tout le monde, après utilisation, nettoie un peu les poignées des appareils utilisés... Tu vois, avec les sprays et les mouchoirs, là, sur les tablettes !

Première séance, je suis toujours vivante. Il semble que le ridicule ne tue effectivement pas.