facebook-addictVous ne savez plus trop qu’en penser. Comme 32 millions de français, vous êtes inscrite sur Facebook. Evidemment, il vous arrive d’y perdre un temps que vous feriez mieux de passer ailleurs, parce que mater les photos des femmes de vos ex ou des enfants de vos copines de collège n’est pas précisément une activité que l’on pourrait qualifier de constructive. Sauf si vous estimez être, tout comme votre progéniture, bien plus canons que les femmes et enfants en question. Auquel cas c’est excellent pour l’estime de soi, ça permet d’avancer dans la vie, tout ça…

La vérité, c'est que globalement, vous le vivez bien, vous en maîtrisez les codes, vous n’avez pas l’impression de trop vous exhiber, vous avez même récemment retiré vos photos perso (du coup votre profil est nettement moins intéressant pour vos ex et copines de collège !), et vous trouvez même que ce réseau vous est utile, en maintes occasions.

Pourtant, dans les conversations, vous entendez souvent dire que « je suis inscrit, mais je n’y vais jamais ! » ou que « je ne vois pas l’intérêt de savoir qu’untel a mangé une pomme le matin… » ou que « pour être ami avec des gens qu’on ne va jamais revoir dans la vraie vie, ça n’a pas de sens ! ». Si l’on en croit le discours officiel, Facebook, c’est vraiment trop de la merde inutile.

Mais 32 millions, est-ce qu’il ne s’agit pas de la moitié de la population française ? Et si on enlève les très vieux et les très jeunes, qui n'y est pas inscrit ? C’est un peu comme Hélène et les Garçons quand vous étiez au collège : tout le monde regardait mais tout le monde disait que c’était nul. Bon, d’accord, c’était vraiment nul et vous regardiez aussi. Vous pouvez donc admettre le côté addictif. Comme les clopes : c’est mal de fumer, en plus c’est mauvais pour la santé et ça désespère votre conjoint non-fumeur quand vous en allumez une. Ben oui mais c’est de la drogue, alors c’est pas vraiment de votre faute ! De là à assimiler THE réseau social à un rail de coke, il n’y a qu’un pas.

Mais non, encore un truc à assumer, vous aimez bien Facebook. Ça vous fait bêtement plaisir quand la meilleure amie de vos quatorze ans vous souhaite un joyeux anniversaire. Quand une lointaine connaissance « aime » votre statut. Quand vous devenez « amie » avec une bloggeuse influente et que vous découvrez ce qu'est la sphère des « bloggeurs influents ». Quand vous échangez des blagues pourries comme si c’était hier avec un copain que vous n’avez pas vu depuis plus de trois ans. Quand vous regardez les photos de votre frère, au Costa Rica.

Vous partagez de l’instantané, vous restez en contact avec des gens que vous aimez bien. Ça n’est peut-être pas très utile, ça ne vous fait peut-être pas progresser intellectuellement, mais ce n’est pas désagréable. C’est décidé, vous arrêtez de dire « demain j’arrête ».

Par contre, vous vous êtes inscrite sur Twitter, mais vous n’y allez jamais. C’est vraiment trop de la merde inutile…